‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 110 sur 224 · LA FILLE AUX YEUX BLEUS · texte numérisé non relu

LA FILLE AUX YEUX BLEUS

J'ai pris hier une route malencontreuse,

Une route dont je me repentirai cruellement , j'ai peur ; J'ai puisé ma mort dans deux jolis yeux ,

Deux charmants yeux d'un beau bleu.

Ce n'étaient pas ses brillantes boucles d'or,

Ses lèvres pareilles à des roses trempées de rosée, Son sein gonflé et d'un blanc de lis ; —

C'étaient ses yeux d'un si beau bleu.

Elle parlait, elle souriait, elle séduisit mon cœur,

Elle charma mon àme , je ne sais comment ; Et pourtant l'atteinte , la blessure mortelle ,

Vint de ses yeux d'un si beau bleu.

Mais , faute de parler on manque souvent son coup,

Peut-être écoutera-t-elle mon vœu :

Si elle refuse , j'imputerai ma mort

A ses deux veux d'un si beau bleu.

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