‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 138 sur 224 · À L'ALOUETTE DES BOIS · texte numérisé non relu

À L'ALOUETTE DES BOIS

Oh! reste, alouette des bois au doux gazouillement, reste, Et ne me quitte pas pour la branche tremblante, Un malheureux amant sollicite ta chanson.

Ta plainte amoureuse et calmante.

Encore , encore ce tendre passage ; Que je puisse apprendre ton art attendrissant ; Car sûrement je toucherais le coeur de celle Qui me tue de son dédain.

Dis-moi , ta petite compagne a-t-elle été cruelle Et t*a-t-elle entendu comme le vent insouciant? Oh 1 runioQ seule de l'amour et du chagrin Pourrait éveiller de tels accents de douleur.

Tu parles de soucis sans fin ,

De muette affliction et de sombre désespoir ;

Par pitié, cher oiseau, cesse ,

Ou mon pauvre cœur va se briser 1

CHOBUR.

Oh 1 ce n'est pas ma chère fillette ,

Toute belle que soit celle-ci ; Oh 1 je connais bien ma chère fillette ,

Le tendre amour est dans son oeil.

Je vois une tournure, je Tois une figure Qu'on peut bien mettre parmi les plus belles ; Mais elles manquent, pour moi, de cette grâce enchanteresse. Du tendre amour qui est dans son œil.

Ohl ce n'est pas, etc.

Elle est belle, fraîche, droite et grande.

Et a eu long-temps mon coBur en servage;

ia4 POtSIBS DE BCRN9.

Et toujours il me charme jusqu'au fond de Tâme, Le tendre amour qui est dans son œil.

t)h I ce n'est pas, etc.

Ma Jeanne est une friponne si habile A lancer une œillade sans être vue ; Mais prompts comme ta lumière sont left yeux des amants , Quand le tendre amour est dans son œil.

Oh 1 et n'est pas, etc.

Il peut échapper aux damoiseaux de la couTi 11 peut échapper aux savants clercs ; Mais l'amant aux aguets le voit bien, Le tendre amour qui est dans son oil* Ohl ce n'esl pas, etOt

Tibbie , j'ai vu le jour

Où vous n'auriez pas é{é si pru49 ; C'est parce que je n'ai nen que vous me dédaignez ;

Mais,- ma foi, peu m'importe 1 ,

Hier je vous ai rencontrée sur la lande, [de poussière;]

Vous n'avez pas parlé , mais vous avez passé comme un tourbillon Vous me regardez du haut en bas parce que je suis pauvre ; Mais du diable si je m'en soucie.

O Tibbie, etc.

Je ne doute pas, la belle, que vous ne pensiez. Parce que vous avez la réputation d'étipe rtchD| Que vous pouvez me plaire en un olin d'œil , Dès que vous voudrez l'eSsayer.

O Tibbie, etc.

Mais que mal arrive à eelni qui est sss#z vil» Quand sa poche serait sAns un sou , Pour suivre une insolente drôlesae A l'air si fier et si hautain.

O Tibbie, etc.

Un garçon serait le plus beau du S'il manque de sale métal jaune,

Vous jetterez la tôte d'un autre côté , Et lui répondre! fort sèchement.

Tibbie, etc.

Mais, s'il a la réputation d'être riche, Vous vous attacbîrek à lui comme une ronoO) Quand mémo pour 10 Sens ou le savoir Il ne serait guère supérieur à une vache.

Tibb», «ic.

Mais , Tibbie , la belle , écoutes«moi bien ; C'est l'argent de votre papa qui voUs fait si charmadte ; Du diable si personne demanderait votre priK Si vous étiez aussi pauvre que moi.

Tibbie, etc.

11 demeure une fîUe dan^ le parc, là-bas ; Je ne lA donnerais ptfi dans sa chemisa Pour toi avec tous i$s milliers 4e majr^ ; Ne prenez pas un air éi hautain.

O Tibbie , etc.

ex.

Oh! savez-vous' qui est dans cette ville

Où donne le soleil couchant t La plus belle dame est dans cette ville

Que dore le spleil couchant.

Maintenant peut-étra dtns ce gai bois vert

Elle se promène sons cet srbre tpuite i Que vous êtes heureuses, ileurs épaiMUiss autour 4'«Me,

Vous attirez un regard de ses yeuxl

Que vous êtes heurm»* oisesui qui Phsntoii «iMr 4'i4|«

La bienvenue de Tannée fleurissante ( Et doublement bienvenu soit le printemps,

La saison chère à ma Lucy l

Le soleil luit joyeux sur la ville làrbas

'Bit sur les belles collines 4'Ayr; Mais ma joie est dans la vUlé , f^rbas ,

Et mon plus cher bonheur, c'est la belle LUcy.

Sans mon amour, tous les charmes Du Paradis ne me donneraient point de joie j

Mais mettez ma Lucy dans met bras,

Et bienvenu est le ciel lugubre de la L «ponte.

Mon antre serait un bosquet d amant ,

Quoique l'hiver en courroux déchirât l'air,

Et elle une charmante petite fleur Que j'y soignerais et abriterais.

Ohl qu'elle est ravissante dans la ville Ià4)a8, Sur laquelle est descendu le soleil qui s'abaisse 1 '

Une plus jolie qu'elle dans la ville là-bas , Jamais ses rayons qui se couchent n'en ont éclairé.

Si le sort en courroux m'a juré inimitié , Et quft je sois condamné à endurer la souffrance ,

Je quitterai ici-bas tout avec insouciance , Hais épargne-moi , épargne^moi , chère Lucy.

Car, tant que de la vie le sang précieux sera chaud , Jamais une seule de mes pensées ne s'écartera d'elle ;

Et elle — comme sa personne est la plus belle, Pe même son coeur est le plus tendre et le plus vrai 1

Ohl si j'étais sur le mont Parnasse , Ou que j'eusse tout mon soûl d'Hélicon, Afin d'acquérir un talent poétique

Pour chanter combien tendrement je t'aime !

Mais le Nith doit être la source de ma muse, Ma muse doit être ta belle personne ; Sur Gorsinooo j'ouvrirai de grands yeux, et j'épellerai,

Et j'écrirai combien tendrement je t'aime I

Viens donc, doooe muse, inspirer mon chant I

De tout le long jour d'été

Je n'ai pu chanter, je n'ai pu dire

CkMobien tendrement je t'aime.

Je te vois danser sur la verdure, Ta taille si mince, tes membres si élégants, Tes regards séduisants , tes yeux fripons —

Par le ciel et la terre, je t'aime I

Le jour, la nuit, au champ, au logis, Ta pensée enflamme mon sein ; Et toujours je rêve et chante ton nom ; Je ne vis que pour t'aimer.

POÉSIES DE BUBNS. 337

Quand je serais condamné à errer

Par delà les mers, par delà le soleil ;

Jusqu'à ce que mon dernier grain de sable fût écoulé,

Jusqu'alors — oui, jusqu'alors je t'aimerais.

Oh 1 qui est-elle, celle qui m'aime ,

Et a mon cœur (m garde? Ohl charmante elle est, celle qui m'aime,

Gomme les rosées de l'été versant

Des larmes où se baignent les boutons de rose.

Oh ! c'est la fillette de mon cceur.

Ma fillette toujours plus chère ;

Oh! c'est la reine des femmes, Elle n'a jamais eu sa pareille.

Si tu rencontres une fillette Ravissante de grâce et de beauté,

Au point que même la fillette de ton choix Qui depuis peu t' échauffe tant le coeur N'eut jamais un pouvoir si charmant ; Ohl c'est, etc.

Si tu l'avais entendue parler.

Et captiver ton attention , Au point que tout autre qui parle

Serait dédaigné de toi ,

Et que tu serais tout ravi ; Ohl c'est, etc.

Si tu as rencontré cette belle ; Quand tu t'es séparé d'elle,

Si toute autre belle A été délaissée par toi , Et que tu aies le cœur brisé , — Ohî c'est, etc.

îde POÉStlîS DE BUBNS.

cxïn.

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