‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 157 sur 224 · LA FILLE DE BALLOCHMTLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE BALLOCHMTLE

C'était le soir — les champs étaient verts sous la rosée , Ses perles pendaient à chaque brin d'herbe ;

Le zéphyr folâtrait autour de la fève , Et emportait ses parfums odorants ;

Dans chaque vallon chantait le mauvis Et toute la nature semblait écouter,

POÉSIES DE BURNS. 26o

Excepté où retentissaient les échos du bois vert Dans les coteaux de Baliochmyle.

D'un pas insouciant j'allais en avant ,

Le cœur réjoui de la joie de la nature , Lorsque , rêvant dans une clairière isolée ,

J'aperçus une belle jeune tille ; Son regard était comme l'œil du matin ,

Son air comme le sourire printanier de la nature , La Perfection murmurait en passant :

Regarde la fille de Baliochmyle I

Belle est la matinée au mois fleuri de mai ,

Et suave est la nuit dans la douce automne , Quand on parcourt le gai jardin,

Ou qu'on erre dans la solitude sauvage :

Mais la femme, enfant chéri de la Nature 1

C'est là qu'elle accumule tous ses charmes ; Et pourtant tout ce qu'elle a fait en ce genre est surpassé

Par la jolie fille de Baliochmyle.

Oh 1 si elle eût été une simple villageoise,

Et moi l'heureux berger, Quand je n'aurais eu que le plus humble abri

Qu'on ait jamais élevé dans les plaines de l'Ecosse; Battu du vent et de la pluie des hivers ,

Avec joie , avec transport i' aurais travaillé , Et la nuit serré sur mon sein

La jolie fille de Baliochmyle.

L'orgueil alors pourrait gravir le glissant précipice

Où la renommée et les honneurs se dressent éclatants ; Et la soif de l'or pourrait affronter la mer,

Ou chercher sous terre la mine indienne ; Donnez-moi la cabane au-dessous du pin

Pour garder les troupeaux ou labourer le sol , Et chaque jour avoir des joies divines

Avec la jolie fille de Baliochmyle.

Ce ne fut pas son bel œil bleu qui fit ma ruine ; Toute jolie qu'elle est, ce ne fut pas là ce qui me perdit; Ce fut ce cher sourire quand personne ne nous observait, Ce fut ce doux, cet ensorcelant coup d'œil de bienveillance.

i%ê VÙKUSS DE BUBN8.

Je crains fort qu il M me soit ialerdit d'espérer.

Je crains fort d'être condamné ao d é sespoir;

Mais quand la fortone cruelle nous destinerait à vÎTie séparés,

EHe sera reine à jamais dans mon sein.

Mary, je suis à toi avec mie passion des plus sincères, Et tu m'as promis un amour des phn tendresl Et tu es un ange qui ne peut janûis changer, Le soleil s'arrMeraH phitM dans sa Hiarche.

CLVIIJ.

BELLE BLIZA.

Retourne-toi, belle Eliza;

Un regard affectueux avant de nous séparer, Aie pitié de ton amant au désespoir I

Peux-tu briser son cœur fidèle?

Retourne-toi, belle Eliza.

^i ton cœur refuse d'aimer, De grâce , cacbe CfXte cmelle sentence

So'is l'affectueux déguisement de l'amitié.

Chère fille, t'ai-Je offensée?

L'offense est de t'aimer; Peux-tu détruire à jamais le repos de cehii

Qui pour le tien mourrait joyeux?

Tant que la vie battra dans mon sein,

Tu seras mêlée à chaque pulsation j Retoumê-toi, aimable fille,

Favorise-moi d'un doux sourire.

Ni l'abeille sur la fleur,

Dans tout l'éclat de midi; Ni la peUte fée folâtre

Sous les rayons de la lune d été; Ni le poète dans le moment

Où l'imagination s'allume dans son œil, Ne connaissent le plaisir, ne sentent le ravis8em3nt

Que ta présence me donne.

POÊ9IB8 BE BIMIS. t6t

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