‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 38 sur 224 · EN NOVEMBRE · texte numérisé non relu

EN NOVEMBRE

Petite bête Hsse , farouche et craihtive 4 Oh , quelle panique dans toiil sein 1

li POÉSIES DE BLRNS.

Tu n'as pas besoin de te sauver si vite

Et d'un pas si précipité ! 11 me répugnerait de courir après toi

Avec le curoir meurtrier I

Je suis vraiment fâché que la domination de l'homme Ait rompu le pacte social de la nature , Et qu'elle justifie cette mauvaise opinion

Qui te fait fiiir Devant moi , ton pauvre compagnon sur la terre ,

Et mortel comme toi !

Je sais bien que parfois tu voles !

Mais quoi ? Pauvre petite bête , il faut que tu vives I

De temps à autre un épi de blé sur deux douzaines **

Est une faible requête :

Cela portera bonheur au reste

Et ne me fera jamais faute !

Ta toute petite maisonnette aussi y en ruines ! Les vents en éparpillent les misérables murs I Et rien , à présent , pour en bâtir une nouvelle

De mousse verte l Et les vents du froid décembre qui arrivent ,

Apres et mordants 1

Tu voyais les champs nus et dépouillés ,

Et l'hiver rigoureux accourir,

Et chaudement ici , à l'abri de son haleine ,

Tu croyais demeurer, Lorsque, crac I le soc cruel a passé

A travers ta cellule 1

Ce tout petit tas de feuilles et de chaume

T'a coûté bien des grignotementsl

Maintenant tu es expulsée , pour fruit de toute ta peine ,

Sans maison ni logis , Pour supporter les neiges fondues de l'hiver,

Et les froides gelées blanches.

Mais, petite souris, tu n'es pas la seule

A éprouver que la prévoyance peut être vaine :

Les plans les mieux combinés des souris et des hommes

Tournent souvent de travers , Et ne nous laissent que chagrin et peine

Au lieu de la joie promise.

Tu es encore heureuse , comparée à moi 1 Le présent seul te touche ;

POÉSIES DE BtKNS. 73

Mais, hélas 1 je jette l'œil en arrière

Sur de lugubres perspectives, Et ce qui est devant, quoique je ne puisse pas le voir,

Je le devine et le crains î

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