‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 41 sur 224 · LAMENTATION · texte numérisé non relu

LAMENTATION

OCCiSIOlflléB PAR LA MALHEUREUSE ISSUE DES AMOURS d'UN AMI.

u Hélas ! combien touvent )a b«nt4 m blesse eDe^ndine, Et la douce affection divlent la source du chagrin i »

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toi , disque pftle f qui luis silencieux ,

Tandis que dorment les mortels que les soucia ne troublent pas! Tu vois un misérable qui souffre intérieurement ,

Et erre ici pour gémir et pleurer l La douleur me tient éveillé la nuit

A ta clarté blafarde et sans chaleur ;

60 POÊSIBS DE RURKS.

Et je déplore , dans de profondes lamentations , Que la vie et Tamour ne soient qu'un songe.

Jl.

Je vois sans plaisir tes rayons orner

ta montagne lointaine aux vagues contours ; Je vois sans plaisir ton croissant qui tremble

Réfléchi dans' le ruisseau murmurant :

mon cœur, que la passion bouleverse , calme-toi !

£t toi ; puissance active , 6 Souvenir, arrête ! Ah I ce tressaillement plein d'angoisse doit-il

Pour toujours empêcher le retour de la paix ?

Ce ne sont pas de vaines fictions , de poétiques douleurs

Qui me font pousser ces tristes plaintes de délaissement ; Point de pipeaux champêtres — de chants arcadiens ;

Pas de tortures controuvées , délicates et douces : La foi engagée, la flamme mutuelle,

Les puissances d'en haut souvent attestées , Le tendre nom de père promis ,

Tels étaient les gages de mon amour I

Entouré de ses bras qui m'étreignaient,

Gomme les instants passaient dans cette extase ! Combien j'ai désiré les agréments de la fortune,

Pour l'amour d'elle, d'elle seule !

Et, dois-je le croire? — elle est partie,

Elle, l'orgueil secret de mon cœur triomphant 1 Est'^lle inattentive à ma plainte ?

Est-elle à jamais, à jamais perdue?

Oh ! peut-elle avoir un cœur assez bas ,

Assez mort à l'honneur, mort à la vérité , Pour quitter l'amant le plus passionné ,

L'époux futur de son jeune choix 1 Hélas ! le sentier de la vie peut ne pas être uni ,

Elle peut avoir à passer par de rudes malheurs I Et alors qui adoucira ses angoisses et ses peines ,

Qui partagera ses chagrins et les allégera I

Heures ailées qui passiez sur nous,

Emportées par l'extase et d'autant mieux goûtées y

Votre cher souvenir dans mon sein

Occupait mes pensées thésaurisées avec amour.

Ce mn, à présent, comme il est triste et vide , Lui jadis trop étroit pour elle 1

Tout rayon même d'espoir détruit,

Et pas un désir pour dorer ces ténèbres !

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