LAMENTATION
OCCiSIOlflléB PAR LA MALHEUREUSE ISSUE DES AMOURS d'UN AMI.
u Hélas ! combien touvent )a b«nt4 m blesse eDe^ndine, Et la douce affection divlent la source du chagrin i »
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toi , disque pftle f qui luis silencieux ,
Tandis que dorment les mortels que les soucia ne troublent pas! Tu vois un misérable qui souffre intérieurement ,
Et erre ici pour gémir et pleurer l La douleur me tient éveillé la nuit
A ta clarté blafarde et sans chaleur ;
60 POÊSIBS DE RURKS.
Et je déplore , dans de profondes lamentations , Que la vie et Tamour ne soient qu'un songe.
Jl.
Je vois sans plaisir tes rayons orner
ta montagne lointaine aux vagues contours ; Je vois sans plaisir ton croissant qui tremble
Réfléchi dans' le ruisseau murmurant :
mon cœur, que la passion bouleverse , calme-toi !
£t toi ; puissance active , 6 Souvenir, arrête ! Ah I ce tressaillement plein d'angoisse doit-il
Pour toujours empêcher le retour de la paix ?
Ce ne sont pas de vaines fictions , de poétiques douleurs
Qui me font pousser ces tristes plaintes de délaissement ; Point de pipeaux champêtres — de chants arcadiens ;
Pas de tortures controuvées , délicates et douces : La foi engagée, la flamme mutuelle,
Les puissances d'en haut souvent attestées , Le tendre nom de père promis ,
Tels étaient les gages de mon amour I
Entouré de ses bras qui m'étreignaient,
Gomme les instants passaient dans cette extase ! Combien j'ai désiré les agréments de la fortune,
Pour l'amour d'elle, d'elle seule !
Et, dois-je le croire? — elle est partie,
Elle, l'orgueil secret de mon cœur triomphant 1 Est'^lle inattentive à ma plainte ?
Est-elle à jamais, à jamais perdue?
Oh ! peut-elle avoir un cœur assez bas ,
Assez mort à l'honneur, mort à la vérité , Pour quitter l'amant le plus passionné ,
L'époux futur de son jeune choix 1 Hélas ! le sentier de la vie peut ne pas être uni ,
Elle peut avoir à passer par de rudes malheurs I Et alors qui adoucira ses angoisses et ses peines ,
Qui partagera ses chagrins et les allégera I
Heures ailées qui passiez sur nous,
Emportées par l'extase et d'autant mieux goûtées y
Votre cher souvenir dans mon sein
Occupait mes pensées thésaurisées avec amour.
Ce mn, à présent, comme il est triste et vide , Lui jadis trop étroit pour elle 1
Tout rayon même d'espoir détruit,
Et pas un désir pour dorer ces ténèbres !