‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 42 sur 224 · VU · texte numérisé non relu

VU

Le matin qui annonce l'approche du jour

M'éveille au travail et à la douleur :

Je vois la longue suite des heures

Que j'aurai à supporter, traînantes et tardives ! J)e bien des angoisses, et de bien des tortures,

La troupe cruelle des souvenirs aigus Doit déchirer mon cœur, avant que Phœbus, descendu,

Baise à l'occident la mer lointaine.

£t quand, la nuit, je cherche le repos sur ma couche, *

Tout harassé de soucis et de chagrin , Mes nerfs rendus de fatigue, et mon œil brûlé de larmes

Me tiennent éveillé comme le voleur nocturne : Ou si je m'assoupis, l'imagination règne en souveraine.

L'air farouche et hagard, et me remplit d'épouvante : Même le jour, tout amer qu'il est, m'apporte du soulagement.

Après l'horreur d'une telle nuit.

toi , brillante reine , qui au plus haut du ciel

Trônes à présent avec un pouvoir sans bornés î Souvent ton regard, observant en silence,

Nous a vus promener au hasard nos pas amoureux ! Le tçmps fuyait inaperçu ,

Tandis que le pouls luxurieux de l'amour battait fort , Bous tes rayons à la lueur argentée,

A voir l'embrasement mutuel de nos yeux.

O scènes fortement enchâssées dans la mémoire !

Scènes qui jamais , jamais ne reviendrez 1 Scènes que, si dans ma stupeur j'oublie,

Je rejoue de nouveau , qui de nouveau me brûlez ! Mort à toute joie, à tout plaisir.

J'errerai dans la triste vallée de la vie; Et sans espoir, sans consolation, je déplorerai

j^o parjure d'une femme sans foi.

t) POÉSIES DE BtJBNS.

Page 1