VU
Le matin qui annonce l'approche du jour
M'éveille au travail et à la douleur :
Je vois la longue suite des heures
Que j'aurai à supporter, traînantes et tardives ! J)e bien des angoisses, et de bien des tortures,
La troupe cruelle des souvenirs aigus Doit déchirer mon cœur, avant que Phœbus, descendu,
Baise à l'occident la mer lointaine.
£t quand, la nuit, je cherche le repos sur ma couche, *
Tout harassé de soucis et de chagrin , Mes nerfs rendus de fatigue, et mon œil brûlé de larmes
Me tiennent éveillé comme le voleur nocturne : Ou si je m'assoupis, l'imagination règne en souveraine.
L'air farouche et hagard, et me remplit d'épouvante : Même le jour, tout amer qu'il est, m'apporte du soulagement.
Après l'horreur d'une telle nuit.
toi , brillante reine , qui au plus haut du ciel
Trônes à présent avec un pouvoir sans bornés î Souvent ton regard, observant en silence,
Nous a vus promener au hasard nos pas amoureux ! Le tçmps fuyait inaperçu ,
Tandis que le pouls luxurieux de l'amour battait fort , Bous tes rayons à la lueur argentée,
A voir l'embrasement mutuel de nos yeux.
O scènes fortement enchâssées dans la mémoire !
Scènes qui jamais , jamais ne reviendrez 1 Scènes que, si dans ma stupeur j'oublie,
Je rejoue de nouveau , qui de nouveau me brûlez ! Mort à toute joie, à tout plaisir.
J'errerai dans la triste vallée de la vie; Et sans espoir, sans consolation, je déplorerai
j^o parjure d'une femme sans foi.
t) POÉSIES DE BtJBNS.