‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 45 sur 224 · DÉDIÉ A R. AIKEN, ESQ · texte numérisé non relu

DÉDIÉ A R. AIKEN, ESQ

Que rambitioB ne tourne pas en ridicule leur utile travail « Leurs plaisirs grossiers , et leur destinée obscure ;

Et que la grandeur n'écoute pas avec un souris dédaigneux Les courtes mais simples annales du pauvre.

Gr.\y.

Vous que je chéris f que j'honore et que je respecte, ô mon ami I Ce n'est point un barde mercenaire qui vous fait son hommage ;

Avec un honnête orgueil , je méprise toute vue égoïste :

Ma plus chère récompense, c'est l'estime et la louange d'un ami.

Pour vous je chante eu simples lais écossais ,

l. Docteur Young. (N.d. l'auL]

POESIES DE BUKNS. io

L'humble classe isolée de la scène du monde; Les sentiments naturels dans leur force, les voies innocentes;

Ce qu'aurait été Aiken dans une chaumière; [reux, je crois !] Ah 1 quoique son mérite eût été inconnu, il y eût été bien plus heu-

L^ froid Novembre soufRe à grand bruit et avec colère ;

La courte journée d'hiver touche à son terme , Les bétes fangeuses sont retirées de la charrue ,

Les noires troupes de corbeaux songent au repos. Le paysan excédé de fatigue quitte son travail :

Ce soir sa semaine de labeur est finie ; Il rassemble ses bêches , ses hoyaux et ses houes ,

Espérant goûter à l'aise le repos du matin , '

Et fatigué; sur la bruyère, il dirige sa course vers son logis.

£nfin sa chaumière isolée apparaît à sa vue,

Abritée sous un vieil arbre ; Ses petits enfants qui l'attendent accourent en trébuchant

Au-devant de leur père avec un trémoussement et des cris de joie. Son tout petit feu à la mine riante ,

La propreté de son foyer, le sourire de sa femme économe , Le babil de l'enfant qui balbutie sur son genou ,

Trompent tous ses soucis et son anxiété cuisante , Et lui font oublier entièrement sa fatigue et sa peine.

Bientôt entrent les fils aînés ,

En service au dehors , chez les fermiers d'alentour : Les uns mènent la charrue , d'autres les troupeaux, d'autres pru-

Une afiaire avantageuse à la Ville voisine. [dents vont faire] Leur première espérance, leur Jeimy, devenue une femme,

Dans la fleur de la jeunesse , l'œil étincelant d'amour. Arrive , peut-être pour montrer une belle robe neuve ,

Ou pour déposer ses gages péniblement gagnés , Afin d'aider ses chers parents , s'ils sont dans la gène.

Frères et soôurs vont au*devant avec nne joie franche [rent.] Et se démandent réciproquement avec bienveillance s'ils prospè*

Ainsi réunis , les heures fuient d'une aile rapide sans qu'on s'en Chacun raconte les nouvelles qu'il voit ou entend ; [aperçoive ; ]

Le» parents contemplent d'un œil partial leurs années pleines d'es- L'aiiticipation guide au loin la vue. [poir;]

La mère , avec son aiguille cl ses ciseaux ,

â6 POESIES DE BtJRNS.

Fait paraître les vieux habits presque comme neufe ; — Le père entremêle le tout d'admonitions convenables.

Tous les enfants sont avertis d'obéir

Aul ordres de leur maître et maltresse , Et de s'occuper de leurs travaux d'une main dili^^ente ,

Et de ne jamais, quoique hors de vue^ s'amuser ni jouer : « Et surtout , ne manquez pas de craindre to^jours le Seigneur Y

Et rendez-lui vos devoirs , comme il convient , matin et soir ! De peur de vous égarer dans la voie de la tentation ,

Implorez son conseil et sa puissante assistance : [gneur I »] Us n'ont jamais cherché en vain, ceux qui ont bien cherdié le Sei-

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