‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 55 sur 224 · SUR UN BARDE ÉCOSSAIS · texte numérisé non relu

SUR UN BARDE ÉCOSSAIS

PAITI POUR LES tNDES ORIENTALES.

Vous tous qui vivez pour siroter^ Vous tous qui vivez pour rimailler.

Vous tous qui vivez sans jamais penser^

Allons , gémissez avec moi !

Notre Billie nous a plantés là ;

11 est en mer.

Pleurez-le, vous touf , Iroupe de boui vivants,

Qui aimez passionnément U0e o^gie de temps à autre ,

11 ne ae joindra plue au jojreux hurlement

De notre harmonie fraternelle ; Car maintenant il va vers un autre berd ,

Et en mer.

Les jolies filles peuvent faire des voeux pour lui f Et lui donner place dans leurs tendre» suppKqueê ; Les veuves, les épouses et toutes peuvent le bénir,

L'œil plein de larmes ; Car je sais bien qu'il leur manquera cruellement ,

Celui qui est en mer.

Fortune , elles ont lieu de se plaindre l Si tu avais pris quelque lourdaud endormi Qui ne sait que niaiser et patiner,

Il n'y aurait pas eu de réclamation \ Mais il était aussi perçant qu'un vilebrequin^

Celui qui est en mer.

La vieille joyeuse Kyle peut porter des pleureuses Et les tacher de larmes salées , salées ; Cela fera, j'ai peur, voler en éclats

Son pauvre vieux cœur.

Il était son lauréat depuis mainte année ,

Celui qui est en mer.

II voyait le froid nord-ouest de l'infortune Amasser depuis long-temps une violente tempête ; Une coquette à la fin lui brisa le coeur,

Malheur à elle !

Alors il prit poste devant le mftt

Et en mer.

Trembler sous le bâton de la Fortune , Ayant à peine sa suffisance de drummock *, Son orgueilleux et indépendant estomac

Ne pouvait pas s'en accommoder ; Aussi , il roula ses fesses dans un hamac

Et en mer.

Il n'a jamais été adonné à rien de bien mal ,

Mais l'argent ne voulait pas rester dans ses poches ;

Avec lui , il n'y avait jamais de cacboterie ,

Il agissait franchement :

La Muse était tout ce dont il tirait orgueil ,

Celui qui est en mer.

Gens de la Jamaïque j traitez-le bien ^ Et entourez-le d'un abri commode ; ■ Vous le trouverez toujours bon garçon

Et plein de gaieté ; Il ne voudrait pas faire tort au diable lui-même ,

Celui qui est en mer.

Adieu , Billie , mon faiseur de vers t

Votre sol natal vous fut toujours très-mauvais ;

Mais vous pouvez fleurir comme un lis

Maintenant bel et bien 1 Je boirai à votre santé ma dernière chopine,

Quoique vous soyez en mer.

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