‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 57 sur 224 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

OAVIN HAMILTON, ESQ.

N'attendez pas, monsieur^ dans cette narration,

Une suppliante et flatteuse dédicace,

Qui vous exalte et vous appelle bon ,

Et sorti d'un grand et noble sang,

Parce que vous vous nommez comme Sa Grâce ' ;

Peut-être allié à sa race ;

Puis quand je serai fatigué — et que vous le serez aussi

A force de mensonges dégoûtants et coupables ,

Faites une grimace et je m'arrêterai ,

Pe peur de blesser votre modestie.

Ceci peut être — doit être le fait, monsieur, de ceux qui Doivent plaire aux grands pour s'emplir le ventre. Pour moi l je n'ai pas besoin de me courber si bas , Car, Dieu merci , je puis labourer ; Et quand je ne pourrai mettre un cheval au joug, Alors , Dieu merci , je puis mendier.

Ainsi je dirai , et cela sans flatterie , Tel est vraiment le poète, et tel le patron.

Le Poète, que quelque bon ange l'assiste.

Ou autrement, j'ai peur, quelque mauvais le frappera, 11 peut encore racheter tout ce qu'il a fait ; Mais seulement, il n'a pas encore commencé.

Le Patron (monsieur, il faut me pardonner.

Je ne veux pas mentir, advienne de moi ce que pourra). De part et d'autre on conviendra Qu'il est tout juste aussi bon — mais non meilleur qu'il doit être.

J'accorde aisément et franchement.

Qu'il ne peut pas voir un homme pauvre dans le besoin ; Que ce qui n'est pas à lui, il ne le prendra pas; Que ce qu'il a une fois dit , il n'y manquera pas ; Que tout ce qu'il peut prêter, il ne le refusera pas, Jusqu'à ce qu'on abuse souvent de sa bonté ; Et les coquins qui parfois lui font du tort, Même cela , il n'y pense pas long-temps.

Comme maître , propriétaire , mari et père , Il ne manque son rôle en rien.

Mais aussi, il n'y a pas de remercîments à lui faire pour tout cela , Vous ne pouvez pas appeler cela un symptôme religieux ;

} Le duc de Ham|Uon. (iV, d. trad.)

1M POÉSIES m BCRNS.

Ce n'est qu'un trait plus doux

De notre pauvre nature coupable et corrompue.

Vous trouverez les meilleures œuvres morales

Chez les noirs Gentoos et les Turcs idolâtres ,

Ou les sauvages chasseurs du Poftotaxi ,

Qui n'ont jamais entendu parler d'orthodoxie.

S'il est l'ami de rkomine paiilrr» dtaë le besoin,

Un gentleman en parole et en action ,

Ce n'est pas terreur de la damnation ;

C'est simplement une inclination charnelle.

Morale , poison mortel , Tu en as tue des dizaines de milliers l Vain est l'espoir de celui qui met son appui et sai con&mce Dans la pitié j la vérité et la justice morales 1

Non — délayez un point de sermon pdur attraper un sou; Diffamez un frère derrière son dos ; Echappez-vous par une fenêtre de chez une fille de joie , Mais montrez au doigt le libertin qui passe par la porte ; Soyez pour les pauvres comme une pierre à couteaux Et tenez leurs nez sur la meule , Etudiez tous les moyens de voter légalement ; Peu importe, pourvu que vous restiez attaché à la saine croyance. Apprenez des prières de trois milles de long, et des grâces d'un Les mains bien étendues, avec de longues grimaces; [demi-mille, ]

Poussez un gémissement solennel , prolongé ,

Et damnez tous les partis , excepté le vôtre ;

Je garantis alors que vous n'êtes point un trompeur,

Mais un ferme , robuste et véritable croyant. vous , qui quittez les sources de Calvin

Qour les mares fangeuses creusées par vous-mêmes ,

Pous, fils de l'hérésie et de l'erreur,

Vuelque jour vous crierez tout tremblants de terreur,

Quand la Vengeance en courroux tirera son glaive,

Et en jettera le fourreau dans le feu ;

Quand la Destruction, avec son balai puissant ,

S'agitera jusqu'à ce que le ciel lui ait donné mission d'agir.

Tandis que sur la harpe la pâfie Misère gémira

Et frappera des accords toujours plus graves ,

Des cris toujours plus perçants, et des plaintes plus profondes t Pardon , monsieur, de cette digression ,

J'ai presque oublié ma dédicace ;

Mais quand la théologie me vient à là traverse ,

Mes lecteurs sont toujours sûrs de me^perdre.

Ainsi, monsieur, vous voyez que ce n'était point une folle vapeur;

Mais, après mûre réflexion, j'ai cru convenable >

Quand j'ai revu toutes mes œuvres ,

De vous les dédier, monsieur ;

Parce que (vous ne devez pas le prendre mal)

POÉSIES DE BURNB. 107

J'ai trouvé qu'elles vous ressemblaient un peu.

Accordez-leur donc votre faveur, Et toujours votre serviteur — J'allais presque dire priera, Mn« e'mt un mot que Je ne dois pas prononcer ; Car en fait de prière je ne suis guère habile ; J'y répugne mortellement, et je m'en tire très^mal , Mais je répéterai la prière de chaque pauvre Qui vous oonoait ou a entendu parler de tous , monsieur^

« Puisse l'aboiement lamentable de l'iafortuoe Ne jamais hurler dam la demeure du derc t Puisse son cœur honnête et généreux Ne jamais souffrir de cette ardeur généreuse 1 Puisse le nom honoré au loin de Kennedy Alimenter long-temps aa flamme conju^le , Jusqu'à ce qu'une douzaine 9m moins de Hamiiton Soient le produit du travail nuptial :

Cinq jolies filles autanr de leur table , Et sept braves garçons, robustes ^ en état De bien servir leur roi et leur pays , Par la parole , ou la plume , ou le fer aigu 1 P«i«seRt la santé et la paix , confond^int leurs rayons ,

Briller sur le soir de ses jours ,

Jusqu'à ce que l'arrière-petit-fils de son petit John àla tête (khicI^c^

Lorsque le flot de la vie ne coulera plus ,

Lui rende les tristes et lamentables derniers devoirs. » Je n'entortillerai pas une lopgue pérorai^Oft

De protestations complimenteuses*;

Mais tant que vos souhaits et vos efibrts

Seront comblés des sourires et des faveur^ de h ^oftaïae ,

Je suis , cher monsieur, avec le zèle le plus fervi^nt ,

Votre très-redevable et humble serviteur.

Mais si (ce dont les Puissances d'en haut vous préservent'.)

Ce vieillard au coeur de fer, le Besoin ,

Suivi dans ses horribles marches

Des tristes méprises et de» poirs revers ,

Tandis que les espérances , les joies et tes plaisim ^ firent ,

Fait de vous un aussi pauvre chiea ^e je le suis ,

Alors plus d'humble serviteur ;

Car qui voudrait servir humblement le pauvre 1

Mais , par les espérances en Dieu d'un pauvre hofwne ,

Tant que la faculté du souvenir me sera donnée,

Si , dans la vallée de l'huml^ vie,

Triste victime de ma lutte avec la fortune ,

Il m' arrive , à travers la lanae <tui jûllit d'utteiMkissement ,

De recomiattre mon cher maître ,

Si nous nous rencontrons sans amis , et misérables ^

Aîors , votre main , monsieur — mon frère et ami î

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