A UN POU
QUE JE VOYAIS SUR LE CHAPEAU d'uNE DAME, A LÉGLISE.
Ah ! OÙ allez-vous, petit monstre rampant 1 Votre impudence vous protège furieusement.
Je ne puis pas dire le contraire, vous vous promenez bien hardiment
Sur la gaze et la dentelle ; Quoique , ma foi , je craigne que vous ne dîniez que maigrement
Dans un tel endroit.
O vous , vilaine horreur de reptile , Détesté , évité par le saint et le pécheur, Comment osez-vous poser vos pieds sur elle ,
Une si belle dame t Allez quelque autre part , et cherchez votre dîner
Sur quelque pauvre diable 1
Tite, grimpez à la tempe de quelque mendiant ;
Là vous pouvez ramper, et vous démener, et lutter à la course
Avec vos autres parents , les insectes sauteurs ,
Par troupes et nations ; Là où corne ni os n'osent jamais renverser
Vos épaisses plantations.
Maintenant tenez-vous là , vous êtes hors de vue ,
Sous les plis , bien caché et à Tabrï ;
Non, ma foi î pas encore; vous ne serez content
Que lorsque vous serez monté Tout en haut du sommet élevé
Du chapeau de mademoiselle.
£n vérité î tout hardiment vous mettez le nez dehors, Aussi rond et aussi gris qu'une groseille à maquereau; Oh î si j'avais quelque forte- résine mercurielle
Ou quelque violente poudre rouge , Je vous en donnerais une si bonne dose ,
Qu'elle vous assaisonnerait le c-1 !
Je ne serais pas surpris de vous apercevoir Sur la coiffe de flanelle d'une vieille femme, Ou peut-être sur la veste de flanelle
De quelque petit garçon déguenillé ; Mais le beau lunardi^ de mademoiselle! fi I
Gomment osez-vous faire cela ?
L Lunardi était un aéfonaute dont on donna le nom à une coiffure.
{N. d. Irad.)
POESIES DE BURISS. ÏÔ9
O Jeutiy, ue secouez pas la tête,
Et ne mettez pas tous vos charmes en évidence 1
Vous savez peu combien ce maudit magot
Se dépêche 1 Ces clins d'yeux et ces bouts de doigt, j'ai peur,
Y font attention I
Oh î si quelque puissance pouvait noua accorder la faveui* De nous voir comme nous voient les autres I Cela nous exempterait de beaucoup de bévues
Et idées absurdes.
Que nous changerions d'air, et comme habits, et comme démarche ,
Et même comme dévotion l