‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 58 sur 224 · A UN POU · texte numérisé non relu

A UN POU

QUE JE VOYAIS SUR LE CHAPEAU d'uNE DAME, A LÉGLISE.

Ah ! OÙ allez-vous, petit monstre rampant 1 Votre impudence vous protège furieusement.

Je ne puis pas dire le contraire, vous vous promenez bien hardiment

Sur la gaze et la dentelle ; Quoique , ma foi , je craigne que vous ne dîniez que maigrement

Dans un tel endroit.

O vous , vilaine horreur de reptile , Détesté , évité par le saint et le pécheur, Comment osez-vous poser vos pieds sur elle ,

Une si belle dame t Allez quelque autre part , et cherchez votre dîner

Sur quelque pauvre diable 1

Tite, grimpez à la tempe de quelque mendiant ;

Là vous pouvez ramper, et vous démener, et lutter à la course

Avec vos autres parents , les insectes sauteurs ,

Par troupes et nations ; Là où corne ni os n'osent jamais renverser

Vos épaisses plantations.

Maintenant tenez-vous là , vous êtes hors de vue ,

Sous les plis , bien caché et à Tabrï ;

Non, ma foi î pas encore; vous ne serez content

Que lorsque vous serez monté Tout en haut du sommet élevé

Du chapeau de mademoiselle.

£n vérité î tout hardiment vous mettez le nez dehors, Aussi rond et aussi gris qu'une groseille à maquereau; Oh î si j'avais quelque forte- résine mercurielle

Ou quelque violente poudre rouge , Je vous en donnerais une si bonne dose ,

Qu'elle vous assaisonnerait le c-1 !

Je ne serais pas surpris de vous apercevoir Sur la coiffe de flanelle d'une vieille femme, Ou peut-être sur la veste de flanelle

De quelque petit garçon déguenillé ; Mais le beau lunardi^ de mademoiselle! fi I

Gomment osez-vous faire cela ?

L Lunardi était un aéfonaute dont on donna le nom à une coiffure.

{N. d. Irad.)

POESIES DE BURISS. ÏÔ9

O Jeutiy, ue secouez pas la tête,

Et ne mettez pas tous vos charmes en évidence 1

Vous savez peu combien ce maudit magot

Se dépêche 1 Ces clins d'yeux et ces bouts de doigt, j'ai peur,

Y font attention I

Oh î si quelque puissance pouvait noua accorder la faveui* De nous voir comme nous voient les autres I Cela nous exempterait de beaucoup de bévues

Et idées absurdes.

Que nous changerions d'air, et comme habits, et comme démarche ,

Et même comme dévotion l

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