‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 78 sur 224 · TRÈS-JEUNE PERSONNE · texte numérisé non relu

TRÈS-JEUNE PERSONNE

ÉCRIT SUR LA PAGE BLANCHE D*UN LIVRE QUI LUI ÉTAIT OFFERT PAR L'AUTEUR,

Joli bouton de rose , jeune et gai ,

Eclos dans ton mois de mai hàtif ,

Puisses-tu, aimable fleur,

Ne jamais te contracter de froid sous la pluie mêlée de neige 1

Que jamais le sentier glacé de Borée ,

Que jamais l'haleine empoisonnée d'Eurus,

Que jamais les funestes lueurs des étoiles

Ne te souillent d'une flétrissure prématurée !

Jamais, que jamais le reptile voleur

» s'él)alte sur ta fouillo virginale!

Que le Soleil même ne jette pas un regard trop ardent Sur ton sein encore rougissant de rosée !

Puisses-tu long-temps , charmant bouton rougeètre , Parer richement ta tige natale; Jusqu'à quelque soir, grave et calme , Versant la rosée et respirant le baume ; Tandis que tout alentour le bois résonnera Et que chaque oiseau chantera ton Requiem ; Toi , au milieu de ces accents funèbres , Tu répandras autour de toi tes honneurs mourants, £t tu rendras à ta terre maternelle La plus aimable forme î» laquelle elle ait jamais donné naissance.

Page 1