UN BOUTON DE ROSE
Un bouton de rose, comme je me promenais de bonne heure , Au pied d'une butte entourée de blé, Penchait si gentiment sa tige épineuse Sous la rosée du matin I
Avant que les ombres de l'aube aient fui deux fois , Etalé dans toute sa gloire empourprée , Et inclinant sa tête riche de rosée , Il parfume le jeune matin.
Dans le buisson , une petite linotte Pressait amoureusement son nid c^ché; La rosée reposait froide sur sa poitrine De si bonne heure ce matin.
Elle verra bientôt sa tendre couvée , L'orgueil , le plaisir du bois ,
Parmi les nouvelles feuilles, vertes et trempées de rosée. Eveiller le jeune matin.
Ainsi toi , cher oiseau , jeune et belle Jeany, Sur la corde tremblante ou l'air vocal , Tu payeras en doux accents le tendre soin Qui garde ton jeune matin.
Ainsi toi ,. charmant bouton de rose, jeune et gai , Tu resplendiras plein de beauté au jour, Et tu réjouiras le rayon du soir de la mère Qui veilla sur ton jeune matin.
ADIEU AUX FRÊRKS DE LA LOCfB Dfi SAINT JAMES,
TARBOLTpN.
Adieu î un chaleureux et tendre adieu ,
Ghers frères du nœud mystique I Vous du petit nombre des favorisés, des illuminés
Compagnons de mes joies mondaines 1 Quoique je doive me hâter vers des terres étrangères ,
Poursuivant la boule glissante de la Fortune , Le cœur attendri , et l'œil plein de larmes ,
Je penserai toujours à vous^ quoique bien loin.
Souvent je me suis réuni à votre bande joyeoae ,
Et nous avons passé la nuit en gais festins ; Souvent, honoré du commandement suprême,
J'ai présidé lés fils de là lumière :
Et à cette clarté hiéroglyphique
Que les artisans seuls péûvehi Voif, La mémoire fidèle écrira dans mon cœur
Ces scènes beureuam qaand Je serai bien leiti.
Puissent la liberté , l'harmonie et ràmodf
Vous unir pour le grand dessein , Sous l'œil omniscient d'en haut
Le glorieux architecte divin j Afin que vous puissiez garder la tigne infaillible i
Vous élevant toujours par la loi du plomb , Jusqu'à ce que l'ordre brillant reluise complètement ^
Telle sera ma prière quand je serai bien loin.
Et vous, adieul Vous que vos mérites appellent
Justement à porter ce signe suprême 1 Que le ciel bénisse votre honoré et nbble nom ,
Cher à la Maçonnerie et à l'Ecosse !
Permettez-moi ici une dernière requête
Quand vous vous assemblez tous annueilemenli Un coup à la ronde, je le demande avee une larmes
Pour le barde qui est bien loin.
POÉSifiS BB BURNS. 4«d
J'errais, suivaut les déKWM du NUh j Pour observer les douces! fiente naissiintes j
J'errais, suivant les détmifi dU Nith, Pour rêver à Philis et la chanter.
Fi de vos belles et de vos beautés I
Elles ne pourront iamais se comparer à elle .
Quiconque a rencontré ma î*hilis A rencontré la reîhe des belles.
La marguerite amuse ma tëhdfe fetilftléié »
Si innocente, si simple, si sauvage; O toi, dis-je, emblème de ma Pmïi^
Car c'est l'enfant de là simplicité.
Fi, etc.
Le bouton de rose, C'est lé Kmgëtir de um fett^lMlM^Wëstî ♦
Sa douce l^vre de baume quand on la pHS»e :
Qu'il est beaU^ qd'il eét fJdf j tfe H*;
îtftls pttis bëdtt et plu» ptif ëël sdn «elti.
Fi , etc.
Cette touffe de gaies fleurs dans le bosquet
Ne saurait rivaliser avec ma Philis ; Son haleine est l'haleine du chèvrefeuille ,
Ce diamant de rosée, son œil.
Fi, etc.
Sa voix est le chant du matiti ,
Qui éveille le boîfe étôlaht 8â VétdiilHi Quand Phœbus regarde par-dessus les montagnes ,
La musique, le plaisir et l'amour.
Fi , etc.
Mais la beauté, comme elle est fragile et fugitive,
C'est la fleur d'un beau jour d'été!
Taudis que le mérite dans l'âme de ma Philis
Fleurira sans déclin < Fi, etc.
ttft tehdrë feâlsêf , et pttis ùouâ hdUë SépaïôtiS; Un adieu, hélas, éternel!
Je tA ferai raison avec les larmes d'un cceur déchiré,
Je te donnerai pour gage de violents soupirs et gémissements.
Qui dira que la fortune l'afflige,
Tant qu'elle lui laisse l'étoile de l'espérance?
Moi, aucune lueur riante ne m'éclaire;
Le sombre désespoir m'entoure de ténèbres.
Je ne blâmerai jamais ma partialité,
Rien ne pouvait résister à ma Nancy ;
Rien que de la voir, c'était l'aimer;
N'aimer qu'elle, et l'aimer à jamais.
Si nous ne nous étions jamais aimés si tendrement,
Si nous ne nous étions jamais aimés si aveuglément,
Jamais rencontrés — ou jamais séparés.
Nous n'aurions jamais eu le cœur brisé.
Adieu, toi la première et la plus belle!
Adieu , toi la meilleure et la plus chère !
A toi toute joie et tout trésor ,
Paix, bonheur, amour et plaisir!
Un tendre baiser, et puis nous nous séparons!
Un adieu, hélas, étemel!
Je te ferai raison avec les larmes d'un cœur déchiré.
Je te donnerai pour gage de violents soupirs et gémissements.
Rendue à la joie , la nature voit
Sa robe reprendre les couleurs printanières , Sa chevelure de feuilles flotter au vent,
Toute fraîche trempée de la rosée du matin.
Et me faut-il toujours raffoler de Menie •
Et souffrir le dédain qui est dans son œil?
Car il est de jais , de jais noir, et il est comme un épervier.
Et il ne veut laisser personne tranquille !
En vain pour moi les primevères fleurissent.
En vain pour moi les violettes poussent; En vain pour moi dans le vallon ou dans le bois
Le mauvis et le linot chantent. Et me faut-il toujours, etc.
1. Ce chœur fait partie d'une chansou composée à Edimbourg, par un ami purticnlîer de l'auteur. — 2. Abréviation ordinaire de Marianne.
Le laboureur conduit gaiement son attelage, Avec joie le semeur attentif va tout doucement ;
Mais pour quoi la vie est un rêve fatigant , Le rêve de quelqu'un qui ne s'éveille jamais. Et me faut-il toujours, etc.
La poule d'eau folâtre effleure l'onde ,
Les halbrans crient dans les roseaux, Le oigne altier nage majestueux,
Et tout est heureux excepté moi.
Et me faut-il toujours, etc.
Le gardeur de moutons ferme sa porte à deux battants,
Et sur les bruyères siffle sa note aiguë, Il erre d'un pas libre, inégal,
Je le rencontre sur la colline humide de rosée. Et me faut-il toujours, etc.
Et quand l'alouette, entre l'ombre et la lumière.
Joyeuse s'éveille à côté de la marguerite, Et s'élève en chantant sur ses ailes frémissantes.
Spectre épuisé de douleur, je me glisse vers mon logis. Et me faut-il toujours , etc.
Viens, Hiver, avec ton hurlement courroucé.
Et courbe dans ta rage l'arbre dépouillé ; Ton obscurité soulagera mon .âme désolée.
Car alors toute la nature est triste comme moi î
Et me faut-il toujours raffoler de Menie , Et souffrir le dédain qui est dans son œil?^
Car il est de jais, de jais noir, et il est comme un épervier. Et il ne veut laisser personne tranquille !
FRAGMENT
Quand mon lit serait là-bas dans la lande , . Sur la bruyère dans mon plaid , Heureux pourtant, heureux je serais.
Si j'avais ma chère Peggy de Montgomerie.
Lorsque sur la colline fondraient de violentes tempêtes, |it (|uo los nuits d'hiver seraient sombres et pluvieuses,
I6é POÉSIÈB îfÈ MJN^S.
Je chercherais quelqde tofkfa, «t éam mes bfm J'abriterais ma «Mire PeggJ^ ée KèUtgoAMerie.
Si j étais un baron fief et puissast,
Et qu'un cheval et des valets aUeodisseiit tout prête, Alors toute la joie que cela me donnerait,
Ce serait de la partager atuc !»«gj|iy et Umàf^omiftie,