A MES AMIS
M. Eï MADAME OLIVIER'
Salut! je crois encore! Ainsi j’espérais dire A ce lac immortel ^ que j’allais visiter;
Il me semblait qu’au cœur que le spectacle inspire, Ma défaillante foi renaîtrait pour chanter.
La grandeur héroïque à ces rochers gravée, L’escarpement du lac à ce glorieux bord,
La liberté fidèle et sans bruit conservée,
Sincère comme au jour de son antiiiue effort;
Sur ces flots que l’histoire ou la Muse renomme,
Un beau ciel ra,yonnant ou l’orageux éclair;
Les lieux solennisant les souvenirs de l’homme, Homme et lieux égalés par la voix de Schiller;
Tout, oui, tout, poésie, héroïsme et nature.
Me promettait de loin un sublime secours ;
Peut-être il me prendrait une espérance pure.
Un magnanime essor comme en mes nobles jours.
Peut-être, à tous ces vœux d’humanité plus grande. Dont le rêve, si cher, de près s’en est allé.
J’allais rouvrir enfin un cœur qui les demande.
Qui, jeune, les reçut, et que rien n’a souillé.
Peut-être, en ces beaux flots novant toute tristesse, Sur cet intègre autel écoutant l’avenir,
1. Auteurs du recueil de poésies intitulé : les Deux Voix. Lausanne, 1835.