‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 133 sur 150 · IMITÉ DE JUSTIN KERNER · texte numérisé non relu

IMITÉ DE JUSTIN KERNER

Le matin, en été, tout joyeux tu t’éveilles;

L’aurore à lui; tu sors : te voilà par les prés;

La rosée à plaisir les a désaltérés;

Tu cours les papillons et tu suis les abeilles!

Et t’épanouissant aux faciles merveilles.

Tu t’inquiètes peu si les deux déchirés Ont versé, dès minuit, sur les champs dévorés Des larmes que l’aurore a refaites vermeilles ;

Calme, heureux au matin, ainsi se montre un cœur. A ce front embelli, la flamme ou la langueur Te charme : sais-tu bien quelles nuits l’ont payée.

Quelles nuits sous l’orage, en pleurant ou priant!

A ton regard léger le sien paraît brillant :

C’est qu’une larme amère est à peine essuyée!

NOTES ET SONNETS

SONNET

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