IMITÉ D’OVIDE
De tous les dons du Ciel, de tout ce que la terre A de biens, vrais ou faux, qu’elle rend tour à tour. Gloire, grandeur, puissance, ou’ même étude austère. Ou même amitié chère.
Je ne veux que l’Amour.
POÉSIES DIVERSES
Je ne voulais que lui dans l’ardeur de jeunesse,
A l'àge où tous les feux nous couronnent le front; Quand l’orgueil du désir et sa haute promesse Exaltaient toute ivresse,
Lui seul était au fond.
Je ne rêvais que lui dans mes rêves d’enfance.
Près des sureaux en fleur où rôdait mon ennui ;
Loin des jeux, aux sentiers où le nid sans défense Jamais n’eut mon offense.
Je ne rêvais que lui.
Je ne veux que l’Amour dans ses restes encore.
Dans les débris épars des lilas défleuris.
Quand m’a laissé le charme, et qu’à défaut d’aurore Le couchant seul colore Mes brouillards déjà gris.
Chacun a son destin qui tôt ou tard l’entraine :
C’est fureur ou génie, et quelquefois raison ; Alexandre a la coupe et la boit d'une haleine;
Un autre a la Sirène;
Tyrtée a sa chanson.
Moi, dès que le Printemps me point et me traverse Avec ses mille dards et ses langues de feu.
Dès qu’il m’étale en chœur sa jeunesse diverse Et ses gaîtés où perce Un seul et même jeu.
Quand tout renaît, je meurs; Amour fait mon supplice, La vieille et tendi’e plaie est prompte à se rouvrir; Et je ne veux plus rien que le cruel délice.
Rien qu’un dernier calice Pour y boire et mourir.
POÉSIES DIVERSES
SONNET
J’étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse, Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé,
Et même, avant de fuir du bel arbre effeuillé,
Il avait tant chanté qu’il se plaignait sans cesse.
Mais sa plainte était douce, et telle en sa tristesse Qu’à défaut de témoins et de groupe assemblé,
Le buisson attentif avec l’écho troublé
Et le cœur du vieux chêne en pleuraient de tencffesse.
Tout se tait, tout est mort! L’arbre, veuf de chansons. Étend ses rameaux nus sous les mornes saisons ; Quelque craquement sourd s’entend par intervalle;
Debout il se dévore, il se ride, il attend.
Jusqu’à l’heure où viendra la Corneille fatale Pour le suprême hiver chanter le dernier chant.