MONSIEUR JEAN
MAÎTRE d’école
« La prière et les sacrifices sont un souverain remède à leurs peines ; mais une des plus solides et plus utiles charités envers les morts est de faire les choses qu’ils nous ordonneraient s’ils revenaient au monde, et de nous mettre pour eux en l’état auquel ils nous souhaitent à présent. Par cette pratique nous les faisons revivre en nous... »
Pascal, sur la mort de son père.
En ces temps de vitesse et de nivellement,
De pouvoirs sans sommet comme sans fondement, Où rien ne monte un peu qui soudain ne chancelle. Il est encore, il est, tout au bas de l’échelle.
1. Ce petit poème est assez compliqué, et, dans la première publication que j’en ai faite au Magasin Pittoresque, il a été peu compris. Il me semble pourtant que j’y ai réalisé peut-être ce que j’ai voulu. Or, voici en partie ce que j'ai voulu. Dans son admirable et charmant Jocelyn, M. de Lamartine, avec sa sublimité facile, a d’un pas envahi tout ce petit domaine de poésie dite intime, privée, domestique, familière, où nous avions essayé d’apporter quelque originalité et quelque nouveauté. Il a fait comme un possesseur puissant qui, apercevant hors du parc quelques petites chaumières, quelques cottages qu’il avait jusque-là négligés, étend la main et transporte l’enceinte du parc au delà, enserrant du coup tous ces petits coins curieux, qui à l’instant s’agrandissent et se fécondent par lui. Or, il m'a semblé qu’il était bon peut-être de replacer la poésie domestique, et familière, et réelle, sur son terrain nu, de la transporter plus loin, plus haut, même sur les collines pierreuses et hors d’atteinte de tous les magnifiques ombrages. Monsieur Jean n’.est que cela. Magister et non prêtre, janséniste et non catholique d’une interprétation nouvelle, puisse-t-il, dans sa maigreur un peu ascétique, ne pas paraître trop indigne-de venir bien respectueusement à la suite du célèbre vicaire de otre cher et divin poète!
PENSÉES D’AOUT
Un bien humble pouvoir, et qui n’a pas failli.
Qui s’est perpétué par delà le bailli
Au maire, sans déchoir : c’est le maître d’école. o
Et je ne veux pas faire un portait sur parole.
Quelque idylle rêvée au retour de Longchamp,
Comme un abhé flatteur en son pastel changeant ‘ :
C’est le vrai. Tout village a son maire suprême.
Son curé dont le poids n’est plus pai'tout le même.
Son médecin qvii gagne.... Après, au-dessous d’eux.
En un rang moins brillant, aussi moins hasardeux.
Est le maître d’école. Un maire a ses naufrages ;
Quelque Juillet arrive et veut de nouveaux gages;
Dix ans. quinze ans peut-être, on garde son curé,
Blais l'évêque le tient et le change à son gré;
Le magister demeure. 11 n’a, lui, ni disgrâce A craindre, ni rival. Le curé, face à face.
Voit croître chaque jour l’esprit fort, le docteur.
Le docteur suit sa guerre avec le rehouteur.
Dont maint secret encor fait merveille et circule :
Plus d'un croit à l’onguent, sur le reste incrédule.
Le magister n’a rien de ces chétifs combats.
Et d’abord, il est tout : la règle et le compas,
La toise est dans ses mains; géomètre, il arpente Et sait les parts autant que le notaire. 11 chante Au lutrin, et récite au long la Passion.
Secrétaire au civil, si quelque question Arrive à l'improviste au nom du ministère.
Combien d'orge, ou de lin, ou de vin, rend la terre?
Le maire embarrassé lui dit : Voyez! Il va,
Il rencontre un voisin qui guère n’y rêva.
Et là-dessus le prend : l’autre répond à vue De pays, et voilà sa statistique sue.
Le chiffre aussitôt part et remplit son objet;
Il fait autorité, l’on en cause au budget.
Blais est-ce par hasard quelque inspecteur primaire,
1. Delille, en son Homme des Champs, a fait du maître d’école de Tillage un portrait arrangé, plein d’ailleurs de détails piquants et spirituels.
PENSÉES D’AOUT
Novice, qui de loin s’informe près du maire?
C’est mieux; le magister tout d'abord en sait long,
Et lui-même à souhait sur lui-même répond.
Il ne se doute pas, d’aplomb dans sa science.
Qu’un jour de ce côté viendra sa déchéance;
Que cet œil scrutera ses destins importants;
Il ne s’en doute pas;.... qu’il l’ignore longtemps 1 La marge est longue encore. — En hiver, son école Abonde, et son foyer, autant que sa parole.
Assemble autour de lui, comme frileux oiseaux.
Les enfants que l’été disperse aux durs travaux.
Plus nombreux il les voit, plus son zèle se flatte;
Il s’anime, il les pousse; et, s’il est Spartiate,
Il peut avec orgueil, le front épanoui,
Vous en citer déjà qui lisent mieux que lui!
Mais je ne veux pas rire, et je sais un modèle Bien grand et respectable, où ce détour m’appelle : J’y viens. —
Je connaissais madame de Cicé,
De ce monde ancien à tout jamais passé.
Dévote et bonne, et douce avec un fond plus triste, Dès le berceau nourrie au dogme janséniste Par sa mère, autrefois, la Présidente de....;
Alais sous cette rigueur faisant aimer son Dieu *.
Elle restait l’année entière dans sa terre ;
J’y passais, chaque automne, un long mois salutaire. Un jour qu’après la messe, et son bras sur le mien. Nous sortions pas à pas : « Oh! remarquez-le bien, * Dit-elle d’une voix aussitôt pénétrée.
Et de l’œil m’indiquant, vers le poidail d’entrée,
1. Sur celte rime, une remarque peut ne pas être inutile : si l'on avait nommé la présidente, par exemple, la présidente de Novion, ou de Lamoignon, le de se prononçait en courant et sans qu'on y insistât; mais, du moment qu'on s'arrête tout court après, le de prend l'accent, et il se prononce exactement comme s’il s’écrivait deu, ce qui nous a paru faire une rime très suffisante dans ce genre familier, sermo pedestris.
PENSÉES D’AOUT
Le magister debout ; « remarquez, il est vieux,
« Il ne vivra i)lus guère : un jour vous saurez mieux, a Si je survis... » — « Déjà, repartis-je, aux ol’lices,
« J’ai souvent admiré ses pieux exercices,
« Son chant accentué, son œil fin, et sa voix « Ferme encore, et cet air du meilleur d'autrefois.
« Ou l’estime partout. » — « Oh! ce n’est rien, dit-elle,
« Près du vrai : c’est un saint, c’est l’ouvrier fidèle ! »
Elle continuait : aussi loin qu’elle alla.
J’écoutai, pressentant quelque chose au delà.
Tout après la Terreur, n’étant plus unjeupehomme. Monsieur Jean (c’est son nom, seul nom dont on le nomme. Et ce mot de monsieur chaque fois s’y joignait Tandis que la Marquise ainsi me le peignait).
Monsieur Jean, jusqu’alors absent, en maint voyage. S’en était revenu se fixer au village.
Au clocher qui gardait bien des tombes d’amis :
Sans parents, c’était là qu’en nourrice il fut mis.
Dans le temps qu’il revint, la tempête trop forte Expirait : de l’école il rouvrit l’humble porte ;
Ce fut un bienfaiteur en ces ans dévastés ;
Il renoua la chaine, et des plus révoltés Concilia l’ardeur, n’accusant que l’injure.
Ce qu’il dit, ce qu’il fit dans sa sagesse obscure.
Ce que reçut au cœur de bon grain en partant Plus d’un enfant du lieu qui, mort en combattant.
S’est souvenu de lui, ce qu’il disait aux mères (Car le prêtre, encor loin, manquait dans ces misères). Celui-là seul le sait, qui sait combien d’épis Recèlent en janvier les sillons assoupis !
Ce village où Senlis est la ville prochaine. Qu’éloignent de Paris dix-neuf bornes à peine,
A tout un caractère à qui l’observe bien.
Pas de vice, de l’ordre, et pourtant le lien
PENSÉES D’AOUT
De famille est pevi fort. On y tient à la terre; Chacun en veut un coin ; être propriétaire D’un petit bout de champ derrière la maison.
D'où se tire le pain, même en dure saison,
C’est le vœu. Rien après de (jiioi l’on se soucie :
Que fait le pain de Fàme à leur ùme endurcie? L’industrie elle-même a l'air de trop pour eux : Quand les hameaux voisins, cha({ue jour plus nombreux, Aux fabriques surtout gagnent le nécessaire.
Ceux-ci sont des terriens qui les regardent faire.
La famille, ai-je dit, compte peu cependant ;
Le fils, avec sa part, s’isole indépendant ;
Aux filles qui s’en vont, sans leur mère, à la danse, La morale du père est la seule prudence.
Bref, l’égoïsme au fond, de bon sens revêtu.
Et quelques qualités sans aucune vertu !
Le mal existe aux champs. Quand, lassé do la ville, Et ne voulant d’abord qu’un peu d’ombre et d’asile, On arrive, le calme, et la douce couleur,
L’air immense, tout plaît et tout paraît meilleur, Tout parait innocent, et l’homme et la natufe. Regardez plus à fond, et percez la verdure !
Un jour que j’admirais de jeunes plants naissants. Aux lisières d’un bois un semis do deux ans.
Varié, tendre à voir : « Hélas ! me dit le maître,
« Tout croissait à ravir ; me faudra-t-il en être « A mes frais d’espérance et d’entretien perdu ! »
— « Et pourquoi? — « Celte année, à foison répandu, « Enfouissant partout sa ponte sans remède,
« Le hanneton fait rage, et le ver qui succède « Prépare sa morsure à tout ce bois léger :
« A la racine un seul, l’arbre va se ronger :
« Bien peu résistei’ont. » — Ce mot fait parabole :
Le mal n’est jamais loin, le ver creuse et désole.
Monsieur Jean voit le mal, et, sous les dehors lourds D’égoïsme rampant, il l’attaqua toujours.
PENSÉES D’AOUT
Pour vaincre aux jeunes cœurs la coutume charnelle,
11 lâche d’y glisser l'étincelle éternelle,
Et de les prémunir aux grossiers intérêts Par la pure morale et ses vivants attraits.
Chaque enfant près de lui , c’est une âme en otage. Simple, il dit ce qu'il faut : il dirait davantage S'il ne se contenait au cercle rétréci ;
Et pourtant il se plaint d’avoir peu réussi.
Ces quinze derniers ans lui sont surtout arides;
Soit que ses saints désirs se fassent plus avides En approchant du terme, ou soit que, tristement.
Le bon germe en ces cœurs devienne plus dormant.
A peine il les éveille, et l’exemple l’emporte ; . Honnêtes,... ils le sont;- mais l’étincelle est morte;
La communion fait le terme habituel Où cesse de leur part tout souci vers le Ciel :
Ce tour ingrat le navre. Ame à bon droit bénie.
Il a d’amers moments d’angoisse et d’agonie, ï Je l’ai vu. me disait madame de Cicé,
« Ces jours-Ià, vers mes bois errer le front baissé;
O Et si je l’interroge et lui parle d’école :
« — Oh ! tout n’est rien, dit-il, sans Celui qui console.
« Je les sais d’humeur calme, assez laborieux,
« Rangés par intérêt, mais non pas vertueux ;
« Mais plus de Christ poureux passé quinze ans, madame! — « Ainsi souvent, dit-il dans le cri de son àme. »
Et cet automne-là, c’est tout ce que je sus. Mais l’automne prochain, retournant, j’aperçus En entrant à la messe, au bord du cimetière. Debout et blanche aux yeux, une nouvelle pierre. Où je lus : Cl Monsieur Jean ci-gît enseveli,
« Mort à quatre-vingts ans, son exil accompli. » Et le reste du jour, à partir de l’église.
Comme nous fûmes seuls j’écoutai la marquise. Qui, cette fois, m'ouvrit les secrets absolus Du mort qu’elle pleurait. Elle-même n’est plus.
PENSÉES D’AOUT
Je transmets à mon tour : il en est temps encore; Assez d’échos bruyants; disons ce qu’on ignore!
Depuis trois ans le siècle atteignait son milieu, Quand un soir, aux Enfants-Trouvés, près l'IIôtel-Dieu, Un pauvre enfant de plus fut mis. Il eut nourrice Dès le lendemriin même, et partit pour Saint-Brice, Où demeurait la femme à qui son sort échut.
Cette femme à l’enfant, dès qu’elle le reçut.
S’attacha, le nourrit d’un lait moins mercenaire.
Puis le voulut garder et lui fut une mère.
Ayant changé d’endroit, elle vint où l’on sait.
La Présidente de..., (jui tous les ans passait Six mois à son château, put connaître de reste La femme que louait ce dévoùmcnt modeste ;
Et l’enfant grandissait, objet de plus d’un soin:
La sage-femme aussi venait de loin en loin;
Car, au lieu de le perdre au gouffre de misère.
Elle l’avait marqué d’une marque légère A l'insu des parents, et l’avait pu savoir Depuis en bonnes mains, fidèle à le revoir;
Et la dernière fois qu’elle vint au village,
La Présidente eut d’elle un entier témoignage.
Mais dont rien au dehors ne s’était répété,
Sur l’origine, hélas! du pauvre rejeté.
Et l’enfant profitait entre ceux de l’école.
Son esprit appliqué sans un moment frivole.
Sa douceur au travail et ses jeux à l’écart.
Des larmes frécjuemment au bleu de son regard.
Ses vives amitiés, ses tristesses si vraies
Qui soudain le chassaient sauvage au long des haies.
Sa prière angélique où le calme rentrait.
Tout assemblait sur lui la plainte et l'intérêt.
En avançant en ùge, il ne quitta plus guèi-e La Présidente, et fut comme son secrétaire;
Dans ses livres nombreux, mais purs et sans danger. Elle l’abandonnait, le sachant diriger.
PENSÉES D’AOUT
On avait quelquefois, de Pari.s, la visite
D'un grave et saint vieillard, front d’antique lévite,
Cœur aux divins larcins, qui de foi, d’amitié,
A Port-Royal croulant jadis initié.
Avait longtemps, autour do Cliàlons et de 'l’royes. Chez les pauvres semé les plus fertiles joies.
Par lui l’on avait vu, dans un village entier.
Chaque femme en filant lire aussi le Psautier,
Et chaque laboureur fixer à sa charrue L’Évangile entr’ouvert, annonce reparue 1 Mais depuis par l’évêque à force de détours.
Relancé de là-bas, il s’était pour toujours Dérobé dans Paris, au fond d’une retraite.
Gardant sur quelques-uns dii’ection secrète.
Vrai médecin de Pcime à qui rien ne manquait Du pouvoir transféré des Singlin, des Duguet. Monsieur Antoine donc (l’humilité prudente Avait choisi ce nom *) près de la Présidente Vit l’enfant, et sourit à ce tendre fardeau.
Durant les courts séjours du vieillard au château L’enfant l'accompagnait chaque soir aux collines.
Et, d’une àme dès lors inclinée aux racines.
Il l’écoutait parler du germe naturel
Endurci, corrompu, du mal perpétuel
Que même un cœur enfant engendre, s’il ne veille ;
De la Grâce surtout (ô frayeur et merveille!)
Qu'assez, assez jamais on ne peut implorer.
Assez tâcher en soi d’aimer, de préparer.
Mais qui ne doit descendre au vase qu’on lui ci’euse Que par un plein surcroît de bonté bienheureuse.
Et s’entr’ouvrant, après'tout un jour nuageux.
Le couchant quelquefois éclairait de ses jeux Le discours, et peignait l’espérance lointaine !
Et l’enfant se prenait à cette marche humaine Ainsi sombre et voilée, et rude de péril,
1. Ce monsieur Antoine ne devait être autre que M. Collard, dont on a les Lettres spirituelles et un traité sur l’Humilité ; il était grandoncle de .M. Royer-Collard.
PENSÉES D’AOUT
Chemin creux sous des bois dans le torrent d’cxd, Mais qu’à rexlréniité de la voûte abaissée Là-bas illuminait l’éternelle pensée.
Et ce terme meilleur et son jour attendri,
Et l’intervalle aussi, le torrent et son cri,
L’écbo de Babylone au bois de la vallée.
Conviaient la jeune àme, à souhait désolée.
Sa tristesse en prière à tcmi)s se relevait.
Aux étoiles le soir, la nuit à son chevet.
Il disait avec pleurs le mal et le remède;
A ses frères en faute il se voyait en aide.
Et contait, le matin, son projet avancé A celle qui sera madame de Cicé,
Bien jeune fille alors, de cinq ans moins âgée Que lui, mais qu’il aimait d'amitié partagée.
Et, de neuf à treize ans, les deux petits amis.
Sur l’erreur à combattre et sur les biens promis.
Sur riiomme et son naufrage, et le saint port qui brille. S’en allaient deviser le long de la charmille. Répandant de leur àme en ces graves sujets Plus de chants que l’oiseau, plus d’or que les genêts. Tout ce ((u’a le pi'intcmps d’exhalaisons divines Et de blancheur de neige aux bouquets des épines; Et saint François de Sale, écoutant par hasard Derrière la charmille, en aurait pris sa part.
Pour le jeune habitant à qui tout intéresse.
Ainsi de jour en jour, au château, la tendresse Augmentait de douceur. Pourtant l’àge arrivait;
La puberté brillante apportait son duvet;
Et, sans un juste emploi de la saison féconde.
Trop d’àmc allait courir en sève vagabonde.
La Présidente aussi, d’un soin plus évident.
Avait le cœur chargé. Souvent le regardant Avec ti’iste sourire et sérieux silence.
Elle semblait rêver à (quelque ressemblance.
Et jusqu’au fond de l’œil et dans le fin des traits Chercher une réponse à des effrois seci’ets.
PENSÉES D’AOUT
Bien que bleu, cet œil vif et petit étincelle;
Cette bouche fermée est comme un sceau qu’on scelle; Ce blond sourcil avance, et ce léger coton N'amollit que de peu la vigueur du menton.
Ses longs cheveux de lin sont d’un catéchumène ; Mais sa taille bondit et chasserait le renne.
Tel il est à vingt ans : tel debout je le vois.
Quand, après des conseils roulés depuis des mois,
La Présidente, émue autour de cette histoire.
Un matin l’appelant seul dans son oratoii'e,
Lui dit ;
« Dieu, mon enfant, sur vous a des desseins; « Ses circuits prolongés mari[ucnt certaines fins;
<t C'est à vous tout à l'heure à trouver ce qu'il cache. « IMais il faut pour cela qu'un dur aveu m'arrache « Ce que je sais de vous en pure vérité,
<t De qui vous êtes fils! j’ai longtemps hésité;
« Mais il me semble, hélas! que, sans être infidèle,
« Sans injure et larcin pour votre âme si belle,
« Je ne puis plus en moi dérober le dépôt ;
<i Dût l’amertume en vous déborder aussitôt !
« Tous êtes désormais d’àge d'homme; vous êtes •T Un chrétien affermi, capable des tempêtes ;
« Dans le premier tumulte où ce mot vous mettra,
« Priez et demeurez; l'Esprit vous parlera.
« Que tout se passe au fond en sa seule présence,
« Entre votre frayeur et sa toute-puissance, d Entre sa Grâce entière et votre abaissement ! î II vous a jusqu’ici, comme visiblement,
« Préparé de tous points, choisi hors de la route « Dans un but singulier, qui n’attend plus sans doute, d Pour s’éclairer à vous, que le soudain rayon « A qui va donner jour l’ébranlement d'un nom.
« A genoux, mon enfant! et que Dieu vous suggère « Un surcroît de faveurs, pauvre âme moins légère,
« Vous que de plus de nœuds il chargeait au berceau, d "Smus le cinquième enfant de Jean-Jacques Rousseau! »