A M. SAINTE BEUVE
A Port-Royal désert je suis allé revoir La place où , méditant la parole divine , Nicole s'asseyait, où , tant de fois, le soir, S'exhalèrent en pleurs les pensers de Racine.
* Fût ou , comme on disait au seizième siècle , fust, le bois de la lyre.
Et ces grands souvenirs sur une humble ruine M'ont fait prendre en mépris et notre vain savoir , Et, les sentiers trompeurs où notre esprit s'obstine, Et pour nos pauvres vers l'orgueil de notre espoir.
Toi qui les as connus ces graves solitaires ,
Qui sous l'herbe as cherché leurs traces toujours chères ,
Tu sais ce que leur vie eut d'austères douceurs.
Ah ! dis-nous si ce monde aux volontés flottantes Vaut leurs bois embaumés , leurs sources jaillissantes , Et le bruit de nos* pas le silence des leurs.
Antoine de Latour.
Paris, 16 octobre.
RÉPONSE