‹ Poésies complètes de Sainte-Beuve: Joseph Delorme; Les consolations; PenséesChapitre 109 sur 121 · A M. SAINTE BEUVE · texte numérisé non relu

A M. SAINTE BEUVE

A Port-Royal désert je suis allé revoir La place où , méditant la parole divine , Nicole s'asseyait, où , tant de fois, le soir, S'exhalèrent en pleurs les pensers de Racine.

* Fût ou , comme on disait au seizième siècle , fust, le bois de la lyre.

Et ces grands souvenirs sur une humble ruine M'ont fait prendre en mépris et notre vain savoir , Et, les sentiers trompeurs où notre esprit s'obstine, Et pour nos pauvres vers l'orgueil de notre espoir.

Toi qui les as connus ces graves solitaires ,

Qui sous l'herbe as cherché leurs traces toujours chères ,

Tu sais ce que leur vie eut d'austères douceurs.

Ah ! dis-nous si ce monde aux volontés flottantes Vaut leurs bois embaumés , leurs sources jaillissantes , Et le bruit de nos* pas le silence des leurs.

Antoine de Latour.

Paris, 16 octobre.

RÉPONSE

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