‹ Poésies complètes de Sainte-Beuve: Joseph Delorme; Les consolations; PenséesChapitre 110 sur 121 · A M. ANTOINE DE LATOUR · texte numérisé non relu

A M. ANTOINE DE LATOUR

Demande-moi plutôt, ô poète sincère,

Dans ta comparaison de notre vanité

Avec la vertu simple et la fidélité

De ces cœurs qui cherchaient le seul bien nécessaire ,

Demande-moi plutôt , en touchant ma misère , Si j'aurai rien pris d'eux pour l'avoir raconté , Si le signe fatal , en ce siècle vanté , N'est pas autour des saints cette étude trop chère ,

Le plus stérile emploi s'il n'est le plus fécond , Le plus mortel au cœur s'il ne le change au fond : Regarder dans la foi comme au plus vain mirage ;

Se prendre à la ruine , et toujours repasser , Comme aux bords d'une Athène , à l'éternel rivage : Toucher toujours l'autel sans jamais l'embrasser !

SONNET

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