‹ Poésies complètes de Sainte-Beuve: Joseph Delorme; Les consolations; PenséesChapitre 111 sur 121 · A MARMIER · texte numérisé non relu

A MARMIER

Le vieux Slave est tout cosur , ouvert, hospitalier, Accueillant l'étranger comme aux jours de la fable , Lui servant l'abondance et le sourire affable, Et même , s'il s'absente , il craint de l'oublier :

H garnît , en partant , son bahut de noyer ;

La jatte de lait pur et le miel délectable ,

Près du seuil sans verroux , attendent sur la table ,

Et le pain reste cuit aux cendres du foyer.

Soin touchant ! doux génie ! ainsi fait le Poète : Son beau fruit le plus mûr , sa fleur la plus discrète , Il l'abandonne à tous ; il ouvre ses vergers.

Et souvent , lorsqu'ainsi vous savourez son ame , Lorsqu'au foyer pieux vous retrouvez sa flamme , Lui-même , il est parti vers les lieux étrangers !

SONNET

IMITÉ DE BOWLBS.

Comme, après une nuit de veille bien cruelle, Un malade en langueur, affaibli d'un long mal, Que n'a pas réjoui le doux chant matinal Et sa vitre égayée où frappe l'hirondelle ,

Se lève enfin , et seul , où le rayon l'appelle, Se traîne : il voit le ciel , l'éclat oriental , Les gazons rafraîchis et d'un vert plus égal , Les coteaux mi-voilés dans leur pente plus belle ;

Quelque blancheur de nue argenté

Tout près, distinctement, fl écoute an boisson,

Ou suit nonchalamment les bruits de la'

Et son front se ressuie , et sou ame est sereine : Ainsi, douce Espérance, après l'âpre saison Tout mon cœur refleurit : j'ai senti ton haleine !

SONNET

nirré m Justin serrer.

Le matin , en été, tout joyeux tu f éveilles ; L'aurore a lui ; tu sors : te voilà par les prés ; La rosée à plaisir les a désaltérés ; Tu cours les papillons et tu suis les abeilles !

Et f épanouissant aux faciles merveilles , Tu t'inquiètes peu si les deux déchirés Ont versé, dès minuit, sur les champs dévorés Des larmes que l'aurore a refaites vermeilles.

Calme, heureux au matin, ainsi se montre un cœur.

A ce front -embelli, la flamme ou la langueur

Te charme : sais-tu bien quelles nuits l'ont payée ,

Quelles nuits sous l'orage , en pleurant ou priant ! A ton regard léger le sien parait brillant :

C'est qu'une larme amère est à peine essuyée l

SONNET

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