‹ Poésies complètes de Sainte-Beuve: Joseph Delorme; Les consolations; PenséesChapitre 19 sur 121 · POUR UN AMI QUI PUBLIAIT UNE EDITION DE CE POETE · texte numérisé non relu

POUR UN AMI QUI PUBLIAIT UNE EDITION DE CE POETE

A toi , Ronsard , à toi , qu'un sort injurieux Depuis deux siècles livre aux mépris de l'histoire , J'élève de mes mains l'autel expiatoire Qui te purifiera d'un arrêt odieux.

Non que j'espère encore , au trône radieux D'où jadis tu régnais , replacer ta mémoire ; Ta ne peux de si bas remonter à la gloire :

Yulcain impunément ne tomba point des deux.

Mais qu'un peu de pitié console enfin tes mânes ;

Que , déchiré long-temps par des rires profanes,

Ton nom , d'abord fameux, recouvre un peu d'honneur !

Qu'on dise : 11 osa trop , mais l'audace était belle ;

Il lassa, sans la vaincre, une langue rebelle,

Et de moins grands, depuis, eurent plus de bonheur.

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