‹ Poésies complètes de Sainte-Beuve: Joseph Delorme; Les consolations; PenséesChapitre 60 sur 121 · VU · texte numérisé non relu

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SONNET

L'autre nuit , je veillais dans mon Ht sans lumière , Et la verve en mon sein à flots silencieux S'amassait, quand soudain , frappant du pied les cieux , L'éclair, comme un coursier à la pâle crinière,

Passa ; la foudre en char retentissait derrière , Et la terre tremblait sous les divins essieux ; Et tous les animaux , d'effroi religieux Saisis , restaient chacun tapis dans leur tanière.

Mais, moi , mon âme en feu s'allumait à l'éclair ; Tout mon sein bouillonnait , et chaque coup dans l'air A mon front trop chargé déchirait un nuage.

J'étais dans ce concert un sublime instrument ; Homme, je me sentais plus grand qu'un élément, Et Dieu parlait en moi plus haut que dans l'orage.

Août 1829.

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