VU
SONNET
L'autre nuit , je veillais dans mon Ht sans lumière , Et la verve en mon sein à flots silencieux S'amassait, quand soudain , frappant du pied les cieux , L'éclair, comme un coursier à la pâle crinière,
Passa ; la foudre en char retentissait derrière , Et la terre tremblait sous les divins essieux ; Et tous les animaux , d'effroi religieux Saisis , restaient chacun tapis dans leur tanière.
Mais, moi , mon âme en feu s'allumait à l'éclair ; Tout mon sein bouillonnait , et chaque coup dans l'air A mon front trop chargé déchirait un nuage.
J'étais dans ce concert un sublime instrument ; Homme, je me sentais plus grand qu'un élément, Et Dieu parlait en moi plus haut que dans l'orage.
Août 1829.