‹ Poésies complètesChapitre 22 sur 70 · LE PALAIS HANTE · texte numérisé non relu

LE PALAIS HANTE

Dans la plus verte de nos vallées

où les bons anges habitent,

autrefois un beau et majestueux palais -

un radieux palais — élevait la tête.

Dans les domaines du monarque Pensée

il se dressait !

Jamais séraphin n'étendit son aile

sur édifice de moitié aussi beau I

Des bannières jaunes, glorieuses, d'or,

sur son toit flottaient et ondulaient,

(ceci — tout ceci — était dans le vieux

temps, il y a longtemps)

et chaque douce brise qui folâtrait

dans ce calme jour

sur les remparts pavoises et pâles,

s'en allait odeur ailée.

82 POésiEB COMPLETES

Les voyageurS| dans cette heureuse vallée, à travers deux fenêtres lumineuses, voyaient des esprits se mouvant musicalement, sous la loi bien harmonisée d'un luth, autour d'un trône où, assis (Porphyrogénète I) dans un éclat seyant à sa gloire, le maître du royaume apparaissait.

Et étincelante de perles et de rubis

était la porte du beau palais,

par laquelle coulait, coulait, coulait,

et scintillait toujours,

une troupe d'Échos, dont le doux devoir

n'était que de chanter

en voix d'une insurpassable beauté,

Tesprit et la sagesse de leur roi.

Mais les malheurs, en robes de douleur,

assaillirent le haut domaine du monarque.

(Ah, pleurons I — car jamais lendemain

ne se lèvera sur lui désolé I)

Et autour de sa maison la gloire

qui rougissait et fleurissait

n'est plus qu'une histoire au souvenir obscur

du vieux temps enseveli.

POÈMES DB l'aGB MUR 83

Et les Toyageurs, maintenant, dans cette vallée,

à travers les fenêtres rouges voient

de grandes formes, qui se meuvent fantastiquement

aux sons d'une discordante mélodie,

tandis que, comme une fantômale et rapide rivière ,

par la porte pâle

une hideuse foule s'élance à jamais

et rit — mais ne sourit plus.

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