‹ Poésies complètesChapitre 44 sur 70 · Les Fées se servent des fleurs pour s'exprimer · texte numérisé non relu

Les Fées se servent des fleurs pour s'exprimer

{Joyeuses commères de Windsor.)

2. Dans l'écriture sainte il y a ce passage : « Le soleil ne te nuira pas le jour ni la lune la nuit. » On sait que la lune, en Egypte, rend aveugles ceux qui dorment le visage exposé à ses rayons: c'est évidemment à quoi fait allusion ce passage.

aux étoiles que votre miracle a tirées des deux,

jusqu'à ce qu'elles étincellent à travers l'ombre, et

descendent sur votre front

comme les yeux de la vierge

qui vous appelle maintenant —

levez-vous de vos rêves

dans les bosquets de violettes,

pour consacrer au devoir

ces heures éclairées par les étoiles —

et secouez de vos tresses

chargées de rosée

le souffle de ces baisers

qui les chargent aussi —

(Oh : comment, sans vous, Amour,

les anges pourraient-ils être bénis?)

ces baisers d'Amour vrai

qui vous ont bercés jusqu'au repos I

Debout ! — secouez de vos ailes

toute entrave :

la rosée de la nuit

pèserait sur votre essor :

et les caresses de l'amour vrai —

Oh ! abandonnez-les !

Elles sont légères sur les tresses

mais de plomb sur le cœur.

« Ligeia ! Ligeia !

mon unique belle !

dont la plus cruelle pensée

se dissipera en mélodie,

oh ! est-ce ton vouloir

de te laisser bercer sur les brises ?

Ou, capricieusement tranquille,

tel le solitaire Albatros *

couchée sur la nuit

(comme lui sur l'air),

de veiller avec délices

sur cette harmonie ?

« Ligeia ! où que

ton image puisse être

aucune magie ne séparera

ta musique de toi-même.

Tu as enchaîné bien des yeux

dans un sommeil de songes, —

mais les accords s'élèvent encore,

que ta vigilance garde —

le bruit de la pluie

qui bondit sur la fleur,

et danse de nouveau

au rythme de l'averse —

le murmure - qui monte

de l'herbe qui pousse

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