‹ Poésies complètesChapitre 46 sur 70 · Il y a des larmes d'une parfaite douleur · texte numérisé non relu

Il y a des larmes d'une parfaite douleur

Versées pour toi dans IHelicon —

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Elle ne paraissait pas ainsi, la terre, cette soirée d* automne

où j'ai quitté ses demeures somptueuses — sans pleurer de les quitter.

Celte soirée — cette soirée — je devrais me la rappeler —

le rayon de soleil tombait sur Lemnos, comme un enchantement,

sur les arabesques sculptées d'une salle dorée

où je me tenais, et sur les murs drapés —

et sur mes paupières — ô la pesante lumière !

Combien dans l'assoupissement elle les alourdit en nuit!

Ils allaient parmi les fleurs, autrefois et la brume, et l'amour

avec le Persan Saadi dans son Gulistan :

mais oh, cette lumière ! — Je m'endormis — La Mort, cependant,

envahit mes sens dans cette île charmante,

si doucement qu'aucun cheveu de soie

qui dormait ne s'éveilla — ou ne sut seulement qu'il était là.

« Le dernier point de l'orbe de la Terre que je foulai fut un orgueilleux temple nommé le Parthenon — ^ plus de beauté était attachée entre ces murs et ses colonnes.

1. Il était encore entier en 1687 — et était l'endroit le pluséievé d'Athènes.

que même ton sein brûlant n'en ^ recèle,

et quand le vieux Temps délia mon aile,

alors je m'élançai — comme un aigle de sa tour,

laissant derrière moi les années en une heure.

Pendant que j'étais suspendu sur ses liens aériens^

une moitié du jardin de son globe

se déroula, comme un tableau, sous ma vue —

les cités inhabitées du désert aussi !

lanthe, la beauté m'assaillit alors

et je désirai presque être homme de nouveau !

« Mon Angelo ! et pourquoi être un homme ?

pour toi est ici une demeure plus brillante —

et là-haut, des champs plus verdoyants que dans ce

bas mondC; et le charme d'une femme — et un amour passionné.»

« Mais, écoute, lanthe ! quand l'air si doux

me manqua, tandis que mon esprit ailé s'élançait

vers les hauteurs, peut-être mon cerveau eut-il le vertige — mais le

monde que je venais de quitter fut lancé dans le chaos — s'élança de sa place, séparé par les venls, et roula comme une flamme à travers le Ciel flamboyant.

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