‹ Poésies complètesChapitre 62 sur 70 · REVES · texte numérisé non relu

REVES

Oh ! si ma jeune vie pouvait être un rêve durable ! Mon esprit ne pas s'éveiller jusqu'à ce que le rayon d'une Éternité lui apporte le lendemain ! Oui ! quoique ce long rêve soit de douleur sans espérance, il vaudrait mieux que la froide réalité de la vie éveillée, pour celui dont le cœur doit être et a toujours été, sur la terre charmante, un chaos de passion profonde, dès sa naissance. Mais me serait-il — ce rêve éternellement continué — pareil à ce que m'ont été les rêves de ma jeune enfance — me serait-il donné ainsi, que ce serait folie d'espérer encore en des cieux plus

hauts.

Car je me suis réjoui, quand le soleil brillait dans le ciel estival, dans les rêves de la lumière vivante et de la beauté, j'ai laissé mon cœur même

dans les régions de mon imagination loin de mon propre foyer, avec des êtres qui ont été créés par ma propre pensée — Qu'aurais-je pu voir de plus ? C'était une fois, — et une seule fois — et l'heure

ardente ne sortira pas de ma mémoire — quelque puissance ou sortilège m'avait enchaîné — c'était le vent glacé qui venait vers moi dans la nuit, et laissait derrière

lui son image sur mon esprit — ou bien la lune brillait sur mon sommeil, dans sa pleine splendeur trop froidement — ou les étoiles — quoi qu'il en fût, ce rêve était pareil à ce vent de la nuit — qu'il passe. J'ai été heureux, quoique en rêve.

J'ai été heureux, et j'aime ce thème : les rêves! Dans leur vive coloration de la vie comme dans cette fugitive, obscure, brumeuse lutte de l'apparence avec la réalité qui apporte aux yeux en délire, de plus belles choses du Paradis et de l'Amour — et tout ce qui m'est propre ! — que n'en a connu le jeune Espoir dans son heure la plus ensoleillée.

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