ACTE I, SCÈNE IV
Cette démangeaison d'épouser continue?
Oui : Tobstacle m'irrite irrésistiblement, Et mon amour s'accroît de mon entêtement Ainsi cherche, imagine , et que rien ne t'arrête.
6ABI0LLB.
Sans chercher plus longtemps, j'ai votre affaire en tête. Il faut tout simplement (c'est le meilleur moyen) Que vous soyez , Monsieur, l'époux qui lui convient
Drôle! je ne suis pas en train de raillerie !
GABIOLLE.
Qui parle de railler? — Suivez-moi, je vous prie :
Il faut, vous ai-je dit, et je disais fort bien,
Que vous soyez, Monsieur, l'époux qui lui convient
Or ce mortel , créé tout exprès pour lui plaire.
De quel air est-il fait? — C'est encore un mystère;
Mais ce que nous savons très-positivement.
C'est que ce n'est pas vous — premier renseignement
Je te veux jusqu'au bout écouter sans chicane : Mais si tu m'as berné, maroufle, cette canne...
GABIOLLE.
Si ce tiers importun dans le discours revient»
98 LES MÉPaiSES DE (.'AMOUR.
Je vous laisse avec lui tennine^ l^eutretien; Car mon esprit déjà tire assez , je Tavoue, Sans ce fâcheux surcroît d^un bâton dans la roue.
AJDRASTE.
Je veux patienter encore ; mais conclus.
GA9I0LLS.
Je reprends le discours et n'interrompes plus.
U faut donc, ai-je dit, pour finir Tentreprise,
Que vous soyez Tépoux qui convient à Marfise.
Or, vous ne Têtes pas, c'est le seul point connu :
Ergo, plutôt que vous, c'est le premier venu;
Ergo, plus vous serez différent de vous-même,
Plus vous augmenterez les chances qu'on vous aime. .
Mais par où commencer la transformation?
Par votre plus grand tort, par votre passion :
Cette seule réforme, aux yeux de votre veuve,
Du haut jusques en bas, Monsieur, vous fait peau neuve :
Vous serez cœur à prendre au lieu de cœur tauit pris ,
Objet de convoitise et non plus de mépris I
G^est une vieille ruse. #
GABiOLLfi.
Oui , Monsieur, vieille et bonne* Et qui peut réussir encore cette autoraney