ACTE II, SCENE V
STLVIA.
Adraste en sa douleur Vous charge, n'estrce pas, de supplier ma sœur?
8PINETTE.
Es-tu muet?
MARFIS£.
Parlez.
SPINETTE
Ahl la sotte figure!
GABIOLLE, àptft.
Tout cet empressement est d^assez bon augure.
STLVIA.
Vous nous faites languir*
SPINETTE
Réponds donc une fois l
GABIOLLE.
Avant qu'Adraste ici vous parle par raa voix , Madame, trouvez bon qu'un instant je soupire, Et demande pardon de ce que je vais dire.
MARFISE
Parlez sans crainte.
GABIOLLE.
Hélas I qu'un homme délicat Agit imprudemment d'embrasser mon étatl
MARFISK.
Vous vous trompez du tout de me croire offensée.
GABIOLLB.
Vous voulez , par bQnté, cacher votre pensée ; Mais je n'ignore pas que Toubli dMn amant Aux dames sert toujours de mauvais compliment. Et je suis désolé d'en être le complice.
MARFISE
Adraste, en m'oublîant, me rend un grand service : Il m'obéit, d'ailleurs, bien loin de me trahir.
GABIOLLE.
c'est ce qu'il me disait : Je ne fais qu'obéir.
— Mais , Monsieur, répondais-je, avez-vous l'innocence De croire qu'on s'attende à votre obéissance ? Ignorez-vous encore, à l'âge où vous voilà.
Qu'une femme jamais ne pardonne cela ,
Et que ne voulant plus d'un amant, la cruelle
S'oflfense qu'à son tour il ne veuille plus d'elle?
— Bon I tu ne connais pas Marfise, disait-il ; Elle a reçu du ciel un esprit très-viril ,
Et ne m'en voudra pas de mon amour éteinte.
MARFISE
Il m'a très-bien jugée et peut être sans crainte.