‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 46 sur 108 · ACTE lï, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE lï, SCÈNE V

GABIOLLË, à part.

Je crois que pour le coup elle est touchée à fond.

MARFISE

Qu'eu dis-tu, Sylvia?

SYLVIA

Tout ceci me confond.

SPINETTE

Et je vous soutiens, moi, qu'Adraste encor vous aime, Et que son changement n'est rien qu'un stratagème.

GABIOLLE, à part.

Ah ! diable l Je suis pris. Tout va se découvrir.

SPINETTE

Vous l'avez mis dehors , et , pour se faire ouvrir. Il frappe doucement, vous promet d'être sage. Et demande pardon d'avoir fait du tapage , Preuve qu'il ne peut point se passer de vous voir.

GABIOLLE, à part.

A gauche • mon enfant.

SYLVIA, k part.

Je renais à l'espoir.

• SPINETTE

Ah ! maître sot ! tu crois que c'est moi qu'on abuse ! Tu peux t'en retourner avec ta pauvre ruse.

Un amour malheureux qui tourne à l'amitié

m LES MÉPRISES DE L\\MOUR.

En deux heures de temps ! — Va, tu me fais pitié !

(îABtOLtE.

L'argument est poussé dans la bonne logique, Mais je Tanéantis d'une seule réplique :

C'est qn'Adraste, soit dît sans nier vos appas, Madame , a découvert qu'il ne vous aimait pas.

MARFISE

Que disais-je, ma sœur?

GABIOLLE, à Spinette.

Ceci te déconcerte.

SPINETTE

Quand et comment fit-il sa belle découverte?

GABIOLLE.

Quand? Ce matin, mon cœur, en sortant de ces lieux. Comment? En rencontrant une brune aux yeux bleus.

SPINETTE

Voilà tout?

GABIOLLE.

C'est honteux, sans doute, pour mon maître.

Mais d'un autre côté, la belle à sa fenêtre Si gracieusement appuyait son beau front Sur une main si blanche et sur un bras si rond. Qu'un ermite eût voulu , comme Àdraste , lui dire Les beaux yeux que voilà ! — Ce qui la fit sourire.

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