‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 56 sur 108 · ACTE m, SGËNE IV · texte numérisé non relu

ACTE m, SGËNE IV

Vit-on jamais malheur à mon maiheur égal ?

STLVIA.

Vous du moins, vous pouvez haïr votre rival !

ADR A s TE.

Oui, c'est vrai, Sylvia , vous êtes misérable, ' Et le ciel tous les deux durement nous accable.

SYLVIA

Il adoucit nos maux avec notre amitié.

Et nous saurons du moins où trouver la pitié I

SPINETTE

Ah ! les pauvres enfiints ! Je me sens tout émue I Et toi ?

GABIOLLE.

J'ai quelque chose aussi là qui remue.

SPINETTE

Ne leur viendrons-nous pas en aide ?

GABIOLLE.

En vérité Je ne sais si je doIs..i II m'a fort maltraité I

Ah I si tu peux, GabioUe, avec ton industrie...

GABIOLLE.

Certainement : je peux tout ce dont on me prie...

AORASTE.

Faut^il qu'à tes genoux... 7

GABIOLLE.

N'êt68-vous pas honteux?

A genoux ! Ces honneurs n'appartiennent qu'aux dieux 1 Je ne veux sur leur part faire aucune entreprise : Traitez-moi sans façon — comme une marchandise.

Hé bien, tu fixeras toi-même ton loyer.

GABIOLLE.

Ceci vaut mieux*— -Voilà décemment me prier.

Ge sont façons d'agir où mon cœur se captive. Ainsi ligue offensive ensemble et défensive Entre vous deux, Spinette et votre serviteur, A la fin d'assurer votre commun bonheur t — Or, entrons en conseil — des sièges. —

( Spinette lai approche un fauteuil ; il «^assied ; leg autres se rangent autour de lui. )

Cette affaire M'offre , à la voir de près, deux besognes à faire ; Brouiller entre eux Marfise et Lélio d'abord, si vous Plues amener par un second effort Mais la première tâche étant la plus pressée, J'écarte pom* l'instant l'autre de ma pensée,

' ACTE m, SCÈNE IV. M

Ceci posé. Messieurs-* Je boirais bien un coup, Car j'ai la gorge sèche et vais parler beaucoup.

(spinette lui apporte à botre , il sVsirale la bouche et reprend. )

Ne nous attardons pas à plus de faribole, Et comprenez mon plan sous cette parabole :

Quand on veut jeter bas un arbre au front chenu , Il faut mettre d*abord ses racines à nu; Pendant que ce travail occupe sa lignée, Le père bûcheron emmanche sa cognée.

L'hymen qui vous chagrine est le malheureux tronc ; Vous êtes les enfants , je suis le bûcheron , Et tandis que j'emmanche une ruse exemplaire Pour mettre à tout jamais nos ennemis en guerre , Vous préparez le coup par les bien informer Des cent motifs qu'ils ont de ne se point aimer.

Où prends-tu ces motifs ?

GABIOLLE.

OÙ ? — dans leur mariage !

Je vois tous les époux faire mauvais ménage , D'où j'induis que le sort ne trouve bon d'unir Que gens pleins de motifs cachés de se haïr, Et que l'on pourrait dire en dicton populaire : Gens qui vcmt s'épouser, gens qui vont se déplaire.

gPINETTEy graremMi.

C'est juste.

Maintenant, à vous de remarquer Par où vos ennemis peuvent s'entre-choquer.

ADRA.STK.

Je ne vois pas par où peut déplaire Marfîse.

SYIfVIA.

Quel mal de liéliq voule2-vQV3 quQ je dise?

SMls n'ont que des vertu^» i) f^^t les travestir, Leur donner des couleurs.,.

SYLVIA

^^ ne sais pas mentir.

Bon 1 c'est où j'en étais à mon premier mensonge.

SPIN£TTE

D'ailleurs si votre esprit & ce scrupule songe, Que vous demander^t-on? De les calomnier?

Non 1 Ils viendraient trop vite à se justifter l Mais d'amasser entre eux de ces petits nuai;Qi$ Qui font le mauvais temps, sans bruit et sans or$vgc$ Et mouillent jusqu'aux os les promeneurs^ du lieu Sans presque seulement les avertir qu*il pieuty

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