AVERTISSEMENT
J'ai écrit cette comédie immédiatement après la Ciguë'. Une fois terminée, je la lus à quelques amis qui la condamnèrent à ne pas voir le jour, au moins celui de la rampe. Je la serrai docilement au fond de mon tiroir, où elle a dormi sept ans. Je Ten ai tirée il y a trois mois pour la donner à la Revue contemporaine ; en la relisant , j'ai trouvé la sévérité de mes amis un peu sévère, mais juste au fond. Cinq actes sont en effet un cadre trop vaste pour un si mince sujet, et ce qui peut se sauver à la lecture par les détails et surtout par les interruptions du lecteur, paraîtrait démesurément long à la scène et vu de suite. Toutefois, je ne regrette pas le temps que j'ai donné à cet ouvrage : il mérite les honneurs de l'impression, ne fût-ce que comme pastiche exact de la langue du grand siècle.
Sur ce, lecteur, prends-le d'une main patiente, et avale-le à petites gorgées si tu veux y trouver quelque agrément.
Juillet 1852.