‹ Poésies complètesChapitre 24 sur 118 · SCÈNE I''^ ADRASTE, GABIOLLE · texte numérisé non relu

SCÈNE I''^ ADRASTE, GABIOLLE

Non ! je n'y comprends rien , et je me donne au diable.

GABIOLLE.

Le cadeau lui sera, Monsieur, fort agréable.

ADRASTE

Marfise , du vivant de son ladre d'époux ,

Me faisait, sans conteste, un accueil assez doux...

GABIOLLE.

Parbleu ! le détenteur de sa foi conjugale

Était vieux, et, déplus, méchant comme la gale.

ADRASTE

Je plaignais ses ennuis : sous couleur d'amitié, Je gagnais du terrain dans son cœur pied à pied;

Je lui faisais des vers où je trouvais infâme L'homme qui chagrinait une si belle femme; Enfin , après deux mois passés à soupirer, Croyant l'instant venu , j'allais me déclarer, Quand le soudain trépas du vieil époux m'arrête.

GABIOLLE,

Ma foi, ce mari-là n'était pas une bête !

Il est mort bien à point pour l'honneur de son front !

Voilà ce que j'appelle esquiver un affront !

Au bout de quelque temps, je retourne à Marfise, Je lui dis mon amour : elle feint la surprise !

GABIOLLE.

Elle se fâche? i

ADRASTE

Non : elle ne répond rien , Ou répond en riant et change d'entretien. J'insiste, je m'emporte... Elle, toujours tranquille, Prétexte une visite à faire dans la ville ; Je la quitte, et depuis (voici bientôt un mois), Je n'ai pu la voir seule une seconde fois !. Comprends-tu quelque chose à ce nouveau système ?

GABIOLLE.

Êtes-vous sûr, Monsieur, que la dame vous aime?

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