ACTE I, SCENE I
ADR AS TE
Imbécile ! Parbleu , si je n'en étais sûr,
Tout son petit manège aurait-il rien d'obscur?
GABIOLLE.
C'est alors qu'elle veut vous prendre en mariage.
ADR AS TE
Bah !
GABIOLLE.
Puisqu'elle vous aime et n'a point passé l'âge, Comme amant ou mari la Ijelle veut de vous ; Ce n'est pas comme amant, ergo c'est comme époux.
Diable ! il se pourrait bien.
GABIOLLE.
Elle ne vous résiste Que pour vous amener à ses fins.
ADRASTE
C'est fort triste.
Et c'est son dernier mot , tu crois ?
GABIOLLE.
Évidemment :
Toute femme voudrait épouser son amant.
ADRASTE
Mais si l'amant n'a pas le goût au mariage ?
GABIOLLE.
Il marque peu d*amour.
ADRASTE
Diable !
GABIOLLE.
Plions bagage, Si vous m'en croyez.
ADRASTE
Diable ! — Et mes soins assidus, Mes soupirs de trois mois , mes vers seraient perdus ?
Les vers resserviront. Quant aux soupirs, je pense Que vous êtes en fonds d'une telle dépense.
ADRASTE
Soit. Mais j'aime Marfise, à ne rien déguiser; Et s'il faut aujourd'hui la perdre ou l'épouser... Que me conseilles-tu ?
GABIOLLE.
Perdez-la, sans nul doute.
ADRASTE
J'en suis épris pourtant, et veux, quoi qu'il en coûte...
GABIOLLE.
Réfléchissez, Monsieur, c'est grave.