‹ Poésies complètesChapitre 25 sur 118 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

ADR AS TE

Imbécile ! Parbleu , si je n'en étais sûr,

Tout son petit manège aurait-il rien d'obscur?

GABIOLLE.

C'est alors qu'elle veut vous prendre en mariage.

ADR AS TE

Bah !

GABIOLLE.

Puisqu'elle vous aime et n'a point passé l'âge, Comme amant ou mari la Ijelle veut de vous ; Ce n'est pas comme amant, ergo c'est comme époux.

Diable ! il se pourrait bien.

GABIOLLE.

Elle ne vous résiste Que pour vous amener à ses fins.

ADRASTE

C'est fort triste.

Et c'est son dernier mot , tu crois ?

GABIOLLE.

Évidemment :

Toute femme voudrait épouser son amant.

ADRASTE

Mais si l'amant n'a pas le goût au mariage ?

GABIOLLE.

Il marque peu d*amour.

ADRASTE

Diable !

GABIOLLE.

Plions bagage, Si vous m'en croyez.

ADRASTE

Diable ! — Et mes soins assidus, Mes soupirs de trois mois , mes vers seraient perdus ?

Les vers resserviront. Quant aux soupirs, je pense Que vous êtes en fonds d'une telle dépense.

ADRASTE

Soit. Mais j'aime Marfise, à ne rien déguiser; Et s'il faut aujourd'hui la perdre ou l'épouser... Que me conseilles-tu ?

GABIOLLE.

Perdez-la, sans nul doute.

ADRASTE

J'en suis épris pourtant, et veux, quoi qu'il en coûte...

GABIOLLE.

Réfléchissez, Monsieur, c'est grave.

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