‹ Poésies complètesChapitre 26 sur 118 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

ADRASTE

Bah ! tant pis !

Je n'aurai pas poussé tant de soupirs gratis ; Et si par un malheur, où je ne puis que faire, Le chemin de son cœur passe chez le notaire , Eh bien ! rien ne fera reculer mon amour. Et je veux arriver, fût-ce par ce détour.

GABIOLLE.

A vos souhaits, alors ! — L'extravagance est forte!

ADRASTE

Je le sais parbleu bien, mon enfant : mais qu'imporlo?

Rien ne me coûte au prix d'un désir satisfait.

Ma mère m'a gâté , dit-on ? — Elle a bien fait.

Je suis extravagant , obstiné , volontaire ,

Et je m'en applaudis. — Grâce à ce caractère,

Je fais tranquillement les mille absurdités

Que font avec remords ceux qu'on n'a point gâtés.

Pour résumer, Marfise, en femme honnête et sage,

Ke veut s'abandonner à moi qu'en mariage ;

Et pour mettre mes vœux et sa vertu d'accord,

Te vais lui demander sa main. • :

GABIOLLE.

Vous avez tort.

ADRASTE

De quoi te mêles-tu ? Je te donne des gages Pour brosser mes habits et porter mes messages ; Mais conseiller ton maître excède ton emploi.

GABIOLLE.

Vous m'aviez consulté , rJonsieur, excusez-moi.

ADRASTE

Il suffit. Désormais tiens-t'en à ton service. Marfise vient...

GABIOLLE.

Je vais faire un tour à l'office,

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