ACTE I, SCÈNE I
ADRASTE
Bah ! tant pis !
Je n'aurai pas poussé tant de soupirs gratis ; Et si par un malheur, où je ne puis que faire, Le chemin de son cœur passe chez le notaire , Eh bien ! rien ne fera reculer mon amour. Et je veux arriver, fût-ce par ce détour.
GABIOLLE.
A vos souhaits, alors ! — L'extravagance est forte!
ADRASTE
Je le sais parbleu bien, mon enfant : mais qu'imporlo?
Rien ne me coûte au prix d'un désir satisfait.
Ma mère m'a gâté , dit-on ? — Elle a bien fait.
Je suis extravagant , obstiné , volontaire ,
Et je m'en applaudis. — Grâce à ce caractère,
Je fais tranquillement les mille absurdités
Que font avec remords ceux qu'on n'a point gâtés.
Pour résumer, Marfise, en femme honnête et sage,
Ke veut s'abandonner à moi qu'en mariage ;
Et pour mettre mes vœux et sa vertu d'accord,
Te vais lui demander sa main. • :
GABIOLLE.
Vous avez tort.
ADRASTE
De quoi te mêles-tu ? Je te donne des gages Pour brosser mes habits et porter mes messages ; Mais conseiller ton maître excède ton emploi.
GABIOLLE.
Vous m'aviez consulté , rJonsieur, excusez-moi.
ADRASTE
Il suffit. Désormais tiens-t'en à ton service. Marfise vient...
GABIOLLE.
Je vais faire un tour à l'office,