‹ Poésies complètesChapitre 66 sur 118 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

C'est une perfidie !

SPINETTE

Oui, Monsieur, c'en est une.

ADRASTE

sNous aimons mieux alors garder notre infortune.

Certes !

SPINETTE, à Syl>-ia.

• C'est pour lui seul que vous ferez cela.

GABIOLLE, à Adraste.

Pouvez-vous refuser votre aide à Sylvia ?

s Y LV I A , à Spi nette.

Pour lui , je le veux bien.

ADRASTE, à Gabiolle.

Pour elle, encore passe.

SYLVIA

Mais enfin, dites-moi, que faut-il que je fasse?

Faites rire la femme aux dépens du mari :

On n'aime pas longtemps l'homme dont on a ri.

SYLVIA

Mais Lélio n'est ] as ridicule !

SPINETTE

Bonne àme !

Tous les hommes le sont dans les mains d'une femme. Le tout est de savoir les tourner.

SYLVIA

Quant à mol, Je ne suis pas moqueuse.

SPINETTE

Hé bien ! c'est mon emploi.

Je raillerai pour vous.

SYLVIA

Et quel sera mon rôle ?

SPINETTE

Tout ce que je dirai vous paraîtra très-drôle ; Vous rirez aux éclats ou vous ferez semblant.

C'est le meilleur moyen de perdre le galant. L'amant dont on rit seule est près de sa ruine, Mais il est mort celui dont rit une voisine.

Contre Aiarfise, moi, quel trait puis-je aiguiser? Elle n'est pas facile à ridiculiser.

GABIOLLE.

Elle prête le flanc par un point : elle est veuve.

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