‹ Poésies complètesChapitre 27 sur 82 · DÉLIVRÉS PAR LE ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

DÉLIVRÉS PAR LE ROI DE FRANCE

Non loin de ce désert qui jadis fut Carthage, Des chrétiens languissaient dans la captivité; Dignes du nom romain, leur plus bel héritage.

Ils préféraient la misère et l'outrage A la honteuse liberté

Dont le parjure est le prix détesté.

Sans crainte, dans leur cœur la foi s'est maintenue; Du glaive musulman ils attendaient la mort. Mais le Dieu des martyrs eut pitié de leur sort : Aurivage français leur plainte est parvenue; Par un roi bienfaisant ils seront délivrés. Les malheurs qu'il connaît sont déjà réparés.

Bientôt son pavillon sur les mers se déploie. Et par lui les captifs sont rendus à la joie. Mais ce n'est point assez d'avoir brisé leurs fers; Il faut encore aux yeux qui pleuraient leur absence

Cacher les maux qu'ils ont soufferts.

Tout Français veut sa part dans leur reconnaissance; Rome ne verra point ses nobles prisonniers Revêtus des lambeaux d'un cruel esclavage;

C'est parés des bienfaits de nos braves guerriers

Qu'ils salùront leur anticiuc rivage.

Us viennent, et des chants annoncent leur retour. 0 vous, dont la patrie est le pitmier amour. Français, dont les beaux noms sont unis à sa gloire, Vous qui la dotez chaque jour D'un chef-d'œuvre ou d'une victoiie, Pour elle recueillez ces hommages lointains. Pour elle allez prier sous la sainte coupole.

Et soyez fiers d'entendre les Romains Crier : vive la frange! au pied du Capitole.

Rome, 13 décembre 1S26.

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