‹ Poésies complètesChapitre 22 sur 79 · LA LÉGENDE D'UN SAULE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE D'UN SAULE

à Henri Veroot.

Le prophétique azur luit au bleu de vos yeux

Ou bien la Nuit d'or sombre emprunte à vos prunelles

La scintillation obscure de ses feux^,

0 vous qui n'êtes pas et serez éternelle !

Les lys se sont levés aux cieux comme vos mains! De vos larmes d'encens vous parfumez nos tempes, Vous ombragez l'ardeur des antiques chemins : Vos mains ont précédé nos pas, comme des lampes !

Comme un feuillage d'or, du bouleau blanc, jaillit,

Ou comme le jet d'eau des sèves se déploie

Par la forêt sacerdotale recueilli,

Verte vasque où le flot des chênes saints ondoie,

Voici que vos cheveux d'or se sont répandus ! Vos seins ont Tair de deux colombes assoupies, Votre âme et votre corps vers nos maux sont tendus, Comme un Saule d'argent sur des ondes croupies.

DAPHNÉ

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