‹ Poésies complètesChapitre 24 sur 79 · LA FORÊT · texte numérisé non relu

LA FORÊT

à Louis Le Gard on ne! .

Par un soir d'ang-es, j'ai marché dans les torrents! Mon luth d'or triste épouvantait les esclavages ; Des grands torrents, vers moi, jaillit un Lys sauvag'e Et j'ai cueilli le calme lys des conquérants !

Sous les hauts lacs, comme des Nymphes souveraines, Des nénuphars de qui le torse reluisait M'ont désigné la Vierge d'eau qui serait reine!... Le vent chaste, en leur bouche ouverte, reposait.

DAPHNÉ

Et puis j'ai rencontré la Forêt vagabonde

Qui, pour ressusciter le vieux dieu que je fus,

M'a tendu ses deux seins qui s'enflaient comme une onde

Et m'a mordu le cou, dans un rire confus!

Cimes sur cimes a croulé la Forêt ample;

Sous ses flancs nus et frissonnants, j'ai succombé,

Sa robe verte m'a vêtu comme d'un temple :

— J'ai vu le ciel des fleurs, à son front haut, flamber !

Mes bras sont ruisselants du sang* rouge des baies, Mes pieds nus ont foulé les fraises et les fleurs^ Je sais le chant sacré des antiques douleurs Et la sève du monde a coulé par mes plaies I

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