‹ Poésies complètesChapitre 26 sur 79 · L'AMOUR DES STATUES · texte numérisé non relu

L'AMOUR DES STATUES

à Mecislas Golberg,

Beaux marbres d'où jaillit, nue et splendide toute. Une Vierge assemblant des roses et des miels, Nojant Tombre aux lueurs de sa chair, sous vos voûtes, Clairs feuillages coupant l'azur sombre du ciel!

Vous qui vous élancez comme les lys eux-mêmes

Ou le neigeux essaim d'un bondissant jasmin,

0 marbres cadencés comme les vieux poëmes

Blancs de paix, comme soient les peuples de demain !

Un pied sur l'horizon, vous qui montez, ô marbres. Vers votre cime et le vertige atteint jamais.

Et puis VOUS affaissez en nobles plis; tel, l'arbre Roule sa cime verte en nuag*es épais.

Marbres faits de la chair des plus blanches étoiles, De fleurs, d'odorants fruits et de laits savoureux : Vierges des mers dont le seul souffle enfle les voiles Des vaisseaux, et dont l'horizon est amoureux I

0 marbres qui dansez en Chœurs de Nymphes fraîches Dont les corps blancs aux nappes d'eau sont fiancés, Marbres qui rougeoyez du feu des jeunes pêches, Marbres Vierges ! vos flancs sont, de grappes, pressés!

Pomone dont Tépi nubile émeut la corne, Aglaé, vous ! et vous surtout les doctes Sœurs ! Flore! en vain pour nous dérober ton sein qu'elle orne, Une rose s'épanouit avec douceur !

Toi, narguant les étés et leurs flammes maudites, Diane deux fois chaste, il t'a trahi, l'enfer! — — Vous, j'ai cueilli les nœuds d'azur que vous perdîtes, 0 Vénus qui m'avez enfanté d'un éclair!

DAPHNÉ

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Fug-itive Vénus, posez sur ces pelouses, 0 reine des bergers et des chants inspirés ! Vos pieds divins, du sang- des roses empourprés. Blancs oiseaux qui rendraient vos colombes jalouses.

Que fleurisse mon luth selon la fleur cyprine, Et qu'une étoile naisse au ciel, si j'ai chanté.

Et vous, les demi-dieux, resplendissant loin d'elles, Sur les blés blancs et les pampres crucifiés, 0 vous dont la splendeur à leur grâce est fidèle. Votre force descend pour me pacifier !

Quand, dans tesclairons feints, Héros, ton sein fait rage, Autour de toi retentissent les horizons : Dans tes clairons s'en vient chanter le jeune orage. Le ciel grondant meurt à tes pieds sur le gazon !

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POKSIES COMPLÈTES

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