E PREMIER LIVRE DES SONNETS
Dès longtemps sur le luth j'exerce
Mes doig'ts, sur tous, les mieux instruits :
Qu'une nouvelle mer me berce
Sur des vaisseaux par moi construits.
Ma hache brillante renverse Un pin couronné de ses fruits Qui coupe le ciel et qui verse Des torrents d'ombres et de bruits.
Qu'en ses flancs je taille ma barque ! Après Ronsard, après Pétrarque, Lég-ers sonnets, emportez-moi!
Jusqu'à ce qu'en Tor des trompettes, Faisant trembler les cieux d'effroi, Ma bouche souffle des tempêtes!
Rome, mai 1898.
LA SOUFFRANCE DES EAUX