‹ Poésies complètesChapitre 5 sur 79 · VERS DORÉS POUR HENRI DEGRON · texte numérisé non relu

VERS DORÉS POUR HENRI DEGRON

Je te donnerai l'étoile du matin.

Apocalypse.

La route lactescente et profonde où plongea Mon blanc coursier^ nourri des fleurs vierg'es des cimes, Sous ses pieds d*or sonnant, cède; et je vois déjà Des champs promis, trembler, là-bas, l'azur sublime.

Victoire ! Secouant d'héroïques flambeaux Par-dessus la nuit même aux voûtes d'ombre et d'astres, J'ai — pour faire surgir des peuples fiers et beaux — De mes clairons d'argent, assourdi les désastres!

Des mains des mécréants, j'ai reconquis la Croix, Et dans des poudroiements de gloire et d'épouvante.

La haussant par-dessus les aurores levantes, Pour mieux porter mon Dieu, je me suis sacré Roi.

Et le peuple est venu vers moi, portant des branches, Mais des fils de ténèbre, hochant la tête, ont dit : « Celui-là nous déplaît, parce qu'il resplendit. » J'ai clos leur lèvre en leur imposant mes mains blanches.

Puis l'Azur pacifique a calmé mon courroux. J'ai supplié l'azur de descendre en leurs âmes, Parce que je fus fort, je fus aimé des femmes, Les hommes m'ont aimé, parce que je fus doux.

Et quand l'élan de mon coursier archang-éiique Rasa le clair buisson de myrte où tu t'assieds, Divin poëte, au chant plaintif et bucolique, Tu fis voler ton myrte — en couronne à mes pieds.

Prends, pourqu'ilt'ouvre,un jour,mes cités sans exemples Ce rameau de rosier humide et florescent, Car de mon blanc coursier, quelquefois, je descends Sur le bord de la route, et j'y bâtis des temples.

VERS DORÉS

VERS DORÉS

Frissonnant au couchant des cultes, quant vint Taube

Je retrouvai la Ijre et la coupe et la rose.

J'ai su du sang' d'Adam garder la nouveauté,

Je rends à tout son lustre et sa forme première,

Je suis le moissonneur joyeux de la lumière

Et répands dans le vent des épis de clarté !

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