CHANT D'AMOUR D^UN BRIGAND LATIN
à M. Paul Valéry.
Siècle à siècle, Apollon sculpte la brute informe Du sang noir des lions tire un dieu radieux : Je veux, par Apollon, élever Thoname énorme A la simplicité des dieux mélodieux.
Sombre vierg'e aux tresses brillantes, Sur la treille, à midi, la cigale a chanté . Les roses mûriront dans tes mains bataillantes. Sur ton front empourpré va s'éveiller l'été.
Sois pour moi la face inconnue, La vie est pauvre, hélas ! mais tes yeux éclatants, Comme souffre la foudre énorme dans la nue, Verseront l'harmonie à nos luths palpitants.
LA SOUFFRANCE DES EAUX
Je ne te connais pas et ne veux te connaître ; Farouche je mordrai ta chair comme un bourreau ; La colère est ta vie, elle m'a donné Têtre ; La corne d'or sanglant luit au front du taureau.
Et je t'écraserai comme une grappe mùre^ Car moi j'aime comme on se venge; tes baisers Comme un fleuve de pleurs et de sang qui murmure Chanteront : « Je suis fait de tous les cœurs brisés ! »
Enfin, qu'en un beau soir, lune où tu nous convies, Tu dépouilles ta chair et la jettes en moi ; Qu'après avoir pleuré tout ton sang, tu souries, — — Que de tes flancs descende une race d'effroi I