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POEME VI

A M. CALIXTE ÏOESGA

Quand tu redescendras de tes cimes hautaines Où Tazur clair te garde et veille à ton côté, Les antres, les forêts, les rochers, les fontaines Tendront leur être aimant au frère regretté.

Tandis qu'aux bords des eaux reconstruisant Athènes, Je rends Apollon même à l'homme épouvanté, Tes flambeaux sur les monts ont des clartés certaines, Leur fureur n'est qu'amour, qu'ordre et que liberté.

Pure de ses excès, ton âme plus rapide Deviendra la Bacchante heureuse d'Euripide Ou Joconde éveillée en d'amères couleurs :

Rendez à sa vallée un enfant qu'elle adore

Et vous verrez fumer nos coupes dans Faurore

Et nos fronts amicaux se couronner de fleurs.

DOUZE POÈMES

POËME vu

A M. FRANÇOIS MIQUELIS

Les peuples qui s'en vont sous les forêts profondes, Ceux qui dans la montagne ont taillé leurs maisons, Ceux qui^ sur des vaisseaux, fendent les vastes ondes. Ceux qui règlent le vol hasardeux des saisons ;

Ceux qui dans les cités, ô lyre, que tu fondes, Gardent les urnes d'or, les vins et les toisons, Ami, tous sont pareils aux semences fécondes Dont Téclosion sainte étend les horizons.

C'est pourquoi, Miquelis, je veux dans un bel ordre Autour de notre globe entrelacer et tordre Une couronne d'or de beaux épis humains ;

La terre jettera sa semence aux étoiles!

Un peuple de héros descend des hautes toiles

Qui doivent la couleur et la vie à mes mains.

DOUZE POÈMES 24 I

POËME VIII A M. LOUiS GEOFFROY

Un cercle d'oliviers charg^és de fruits embrasse Le mont dont le sommet plonge en un vag^ue azur ; L'huile où dort la lumière y naît pour toute race ; Leur feuillag'e est sculpté dans Tardent le plus pur.

Plus haut, l'œillet sauvage et le thym dans sa grâce, Sous leurs vives couleurs font briller l'antre obscur ; On s'élève, porté de terrasse en terrasse, Jusqu'à la crête blanche où s'écroule un vieux mur.

C'est là qu'au tendre accent des brises modulées, Au bruit des doubles eaux sonnant dans les vallées, Nous vîmes jusqu'à nous les neuf Muses bondir.

Le tonnerre des chants éclatait sur leurs bouches, Et nous sentions en nous gronder les vents farouches Et l'antique Apollon dans nos cœurs resplendir.

DOUZE POÈMES

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