‹ Poésies complètesChapitre 70 sur 79 · DANS UNE HOTELLERIE DE PUGET-THÉNIERS · texte numérisé non relu

DANS UNE HOTELLERIE DE PUGET-THÉNIERS

Je chanterai les festins :

Dans nos coupes les destins Tonnèrent et sur nos lyres Sonna Phœbus en courroux ; Les Muses jetaient en nous Leurs prophétiques délires !

Le vin dans sa pure fleur Avait la tendre couleur Des aurores rougissantes ; L'antique Bacchante y dort ; Des roses voilaient ]e bord De ses coupes nourrissantes*

Fiers lutteurs venez manger Le pain de froment léger, Les viandes délectables :

Qu'aux lueurs de nos flambeaux Les fruits tombés des rameaux S'amoncellent sur nos tables !

Un dieu dans notre œil riait, La sainte nappe brillait, L'un de nous leva sa coupe :

Soudain la porte s'ouvrit, Dans la salle blanche on vit Entrer la neuvaine troupe.

Comme on défait un bouquet.

Dans la salle du banquet Les neuf Sœurs se répandirent Et sur nos fronts surhumains, Liés par leurs fortes mains, De purs lauriers resplendirent!

Elles chantèrent; leur voix Disait les fleuves, les bois, Les montagnes éternelles...

DOUZE POÈMES

— Si tu reg*ardais de près

Ces demeures, tu verrais

Luire un temple à tes prunelles !

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