DIMANCHE
Voici donc un dimanche enfin, un vrai dimanche! Le beau soleil de juin darde tous ses rayons, Pourtant la brise est fraîche et le seigle se penche Sur les sillons...
Des femmes en chantant décrochent pour la frle Le linge qu'aux buissons elles faisaienl sécher, Un joyeux carillon déjà s'éveille au faîte Du vieux clocher...
Dans les sentiers bordés par des rosiers sauvages, Près des trèfles en fleur pleins de bourdonnements Le long des peupliers qui mirent leurs feuillages Aux Ilots dormants,
De près, de loin, partout, isolés ou par groupe, Marchent des paysans fiers de leurs beaux habits Plus épais et plus chauds que la laine qu'on coupe A leurs brebis;
L armoire de noyer se vida tout entière, Jupons biens, bonnets blancs et rouges tabliers, Peu d'or sur les cous bruns et beaucoup de poussière Sur les souliers...
C'est un fourmillement de couleurs éclatantes Gomme les fleurs des champs au milieu des blés verts Chez tous ces pèlerins des figures contentes, Des cœurs ouverts !
Ils s eu \oni à l'église et pendant ce voyage Où les appelle tous la cloche au joyeux son. Le chien demeure seul, gardien fidèle et sage
Delà
maison
L'âne dort a loisir sans que son bât lui pèse, La chèvre lèche en paix le salpêtre des murs, Par le toit du grenier le moineau pille à l'aise Les épis mûrs...
C'est la fête de tous, c'est dimanche!... allons, mère, Habille ton enfant, sois matinale un peu, Qu elle adlc se mêler aux gens de la chaumière Sous l'œil de Dieu...
Elle se laisse faire et sourit au dimanche, Ce jour de pain bénit pour elle est un bonheur, Dans sa petite main mets une pièce blanche Pour le quêteur...
\ux fragiles enfants Dieu donne la puissance D'apaiser sa colère, il est bon père et tous Lui rappellent Jésus, toute cette innocence Priera pour nous !
\ uns, nous la conduirons au bout de l'avenue, Jusqu'au prochain détour nous la suivrons des yeux, Et puis nous rentrerons au logis, l'âme émue. Le front joyeux,
Nous retrouverons là, toi quelque broderie Ou le dernier album enrichi d'airs nouveaux, Moi mêlant la lecture avec la rêverie Mes chers travaux ! . . .