LE VIEUX GAS
Je suis, comme on dit, un vieux «-as, Et voilà (|u on m envoie en guerre!... Etre un héros, je n \ liens pas.
Car pins que toul ma peau m'est chère, Mieux vaut coucher dans de bons draps Que sur la terre;
Je vivais tranquille chez moi.
Ne demandant rien à personne, Ne donnant rien non plus, ma foi,
Que de gros baisers ?i ma bonne.
Et je ne sais pas trop pourquoi Le clairon sonne...
Le diable emporte les Prussiens.
Et Gainbetla qui nous enrôle En nous appelant citoyens ; Comme si c était notre rôle De faire ce métier de chiens, Ce n'est pas drôle!
De bien boire et de bien manger J'avais l'habitude agréable, Nul ne venait me déranger
Une fois que j'étais à table.
maintenant tout v
Guerre exécrable!
Mais maintenant tout va changer.
Guerre absurde qui va m'ôter
Toutes les douceurs du bien-être!...
D'abord j'aurai soin de porter De bons bas bien chauds sous ma guêtre, 11 faut à tout prix éviter L'eau qui pénètre !
il — i»
Avec des gants, un cache-nez, Des foulards, une couverture, Puissé-je, en ces bivouacs damnés.
Rêver, évitant la froidure, Que j'ai les pieds sur les chenets Dans ma masure!
Mais, quoi qu'assez bien étoffé Pour porter sans trop de misère Le képi dont on m'a coiffé, Une chose me désespère...
C'est de ne plus boire au café Mon bock de bière!