‹ Poésies complètesChapitre 101 sur 153 · A GH. FLORENTIN-LORIOT · texte numérisé non relu

A GH. FLORENTIN-LORIOT

Aussi libres qu'au fond du plus vaste désert, Dans ton étroit jardin, devant tes passeroses Elançant vers le ciel leur fuseau rouge et vert, Nous avons discouru des hommes et des choses.

Tu sais qu'entre deux pots de myrte, un plâtre ancien. Buste d'un Médicis ami de Michel-Ange, La lèvre énigmatiquc et le regard étrange^ Me parut présider à ce cher entretien.

Comme le voyageur qui cède à la fatigue. J'irai m'asseoir encor sous ta vigne en berceaux, A Fabri — pour un jour — des mauvais et des sots Qui s'agitent parmi les fièvres de l'intrigue.

J'ai secoué mes pieds sur le seuil empesté Des sages de la terre et des puissants du monde. Après avoir connu leur science inféconde Et le mal accompli par leur frivolité.

Et j'entre en ta maison comme en un sanctuaire Où la justice et l'art veillent au même autel... Tes jours sont au travail, tes nuits à la prière, Et ton cœur ne s'exalte à rien que d'immortel.

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