COUCHER DE SOLEIL
Ceux que Virgile, Horace ou Lucain remémore, Ces avertissements stériles du destin, Qui dans les cœurs troublés font remonter encore, Malgré Teau du baptême, un flux de sang latin I
C'est, dans le ciel du Nord, le tumulte des armes. Ce sont les feux éteints, les troupeaux éloquents, La sueur sur l'ivoire, et sur l'airain les larmes. Et les torrents de flamme échappés des volcans ;
Les astres inconnus, les prodiges sans nombre, Par la plaine de Mars le fleuve débordé. Et tout à coup, la nuit, Sidla dressant son ombre Dans le Forum, aux yeux d'un passant attardé ;
Ou, plus affreux encor qu'aux roseaux de Minturnes, Marins rejetant le poids de son tombeau Devant le laboureur et le pâtre nocturnes, Au bord noir et glacé du rapide Anio !
Décors sanglants du ciel, n'êtes-vous que mensonge, Lointaine obsession, païenne hérédité ?
Ou bien cette épouvante oii votre aspect nous plonge, ^A-t-elle obscurément sa part de vérité ?