‹ Poésies complètesChapitre 136 sur 153 · LE BERCEAU · texte numérisé non relu

LE BERCEAU

[16 mars 1856),

La nef en bois de rose, et ses voiles d'azur

Dont un souffle insensible, un doux battement d'ailes

Agitait le satin sous le jour des dentelles,

Te menait vers un port mystérieux et sûr.

Mais le rameau d'olive et l'épi de blé mûr Qui s'enroulaient autour des colonnes jumelles, Le trésor des pressoirs et l'honneur des javelles. N'étaient qu'illusion ou que symbole obscur.

En vain ils promettaient la paix et l'abondance, La douceur du voyage, à l'esquif en partance Orné comme un fragile et magnifique autel...

Car l'Aigle à l'œil ouvert, aux ailes éployées.

Pour une ascension à travers les nuées

En soulevait la proue et l'emportait au ciel !

328 GALLIGA.

Au ciel, où t'attendait le vainqueur d'Austerlitz

Avec ses compagnons de gloire et de souffrance, ;jj

Ceux qui mirent l'Europe aux genoux de la France

Et ceux des derniers jours, tombés un contre dix ;

Et cet orphelin blond et pâle comme un lis

Dont les rois redoutaient la chétive existence, ^

Et, près des fronts charmants de Pauline et d'Hortense, L'Empereur, de la main, faisant signe à son fils...

Ton père î l'Empereur ! le meilleur, le plus brave, ,;

Sur qui la calomnie a distillé sa bave Parce qu'il aima trop le rêve et la pitié.

Lui, d'une âme sereine et d'une foi profonde, Avait tout pardonné sans effort, dès ce monde : Et c'est pourquoi, là-haut, il est glorifié.

l'asile violé 829

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