‹ Poésies complètesChapitre 38 sur 153 · LA PREMIÈRE AGONIE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE AGONIE

A Ernest Courbet,

Gomme un soldat blessé, dans l'ambulance obscure,

A choisi le moment où l'infirmier s'endort,

Et d'une main tremblante arrache avec effort

Le linge ensanglante qui couvre sa blessure

Et qui d'une heure à peine eût retardé sa mort :

Quand d'habiles douleurs ont exercé leurs glaives Sur un cœur déjà prompt de lui-même à s'ouvrir, A ient un jour où, perdant tout espoir de guérir. Ce cœur s'arrache aussi le dernier de ses rêves, S'abandonne h. son mal, et consent à mourir.

C'est alors qu'on subit la première agonie, La plus longue ; la Mort, qui nous suit pas à pas, Nous attire, et sur nous referme un de ses bras. Quelques jours de torpeur, quelques nuits d'insomnie Ce que j'étais n'est plus et ne revivra pas.

il'

vu

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