LA PREMIÈRE AGONIE
A Ernest Courbet,
Gomme un soldat blessé, dans l'ambulance obscure,
A choisi le moment où l'infirmier s'endort,
Et d'une main tremblante arrache avec effort
Le linge ensanglante qui couvre sa blessure
Et qui d'une heure à peine eût retardé sa mort :
Quand d'habiles douleurs ont exercé leurs glaives Sur un cœur déjà prompt de lui-même à s'ouvrir, A ient un jour où, perdant tout espoir de guérir. Ce cœur s'arrache aussi le dernier de ses rêves, S'abandonne h. son mal, et consent à mourir.
C'est alors qu'on subit la première agonie, La plus longue ; la Mort, qui nous suit pas à pas, Nous attire, et sur nous referme un de ses bras. Quelques jours de torpeur, quelques nuits d'insomnie Ce que j'étais n'est plus et ne revivra pas.
il'
vu