‹ Poésies complètesChapitre 40 sur 153 · PRINTEMPS D'AUVERGNE · texte numérisé non relu

PRINTEMPS D'AUVERGNE

A Pierre de Nolhac.

Sous les pêchers à fleur nouvellement éclose, Sous les prés embellis du plus tendre gazon, La plaine, de partout, s'étendait verte et rose Dans le cirque des puys calmes à l'horizon.

Nous avions, écoliers échappés de la ville, Au flanc raide d'un pic monté d'un pied joyeux. Un bâton à la main, dans la poche un Virgile, Et l'âme en harmonie avec le bleu des cieux.

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Ces vers criés au vent, cette ivresse champêtre, Cette heure de détente à nos communs travaux, Je ne l'oubHerai pas, tu Foubheras peut-être Au cours aventureux de tes printemps nouveaux.

Car la jeunesse en toi chante comme une flûte ; Une espérance intacte habite ton front clair, Tandis que sur mon front, sillonné par la lutte. Les destins ont déjà brisé plus d'un éclair.

Me voici déclinant vers les saisons moroses, Le génie et le cœur d'un même coup blessés. Et, rare désormais, le sourire des choses Trouve, à le retenir, mes yeux plus empressés.

La terre des grands monts, d'arbres roses fleurie, Oii l'on marche parmi des vestiges romains, La terre dont j'ai fait ma nouvelle patrie Fut clémente à celui qui lui tendait les mains :

Car elle me donna, l'antique et pure hôtesse. Pour séduire à la fois mon cœur et ma raison, Des amis, le travail, la paix dans la tristesse... Tous bienfaits que je chante, en y mêlant ton nom.

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